Le monde a changé ! Vous avez compris ?

Le monde a changé ! Vous avez compris ?

Certains n’ont pas compris que le monde a vraiment changé !

Et effectivement, quand j’étais plus jeune. (Ça y est je parle comme un vieux ?) ….Bla-Bla…

  • Je jouais à la dinette avec, mes copains et copines, et nous utilisions, de la boue et de l’herbe, pour mettre dans les assiettes. Certains d’entre-nous en mangeaient, d’ailleurs…
  • Je jouais sur une balançoire où le sol, était aussi dur que tu béton (de la terre battue). Lorsque l’on tombait, il arrivait qu’on se casse un bras, d’ailleurs.
  • Je faisais « la guerre des boutons » avec un lance-pierre fabriqué avec une fourche bois, un morceau de pneu, et un bout de cuir pris dans une vielle godasse.
  • Je « chassais » les oiseaux avec un arc et des flèches que j’avais moi-même fabriqués. Je vous garantis que les oiseaux ne risquaient rien, mais moi je faisais de la route !
  • Nous avions des cabanes dans les arbres à 4 mètres de haut et un réseau de passerelles nous permettait de passer d’arbre en arbre.
  • Je marchais pieds nus pour éviter d’abimer mes espadrilles et je marchais dans les bouses de vaches pour faire une semelle qui protège de la chaleur du goudron l’été. Ça fonctionne, mais ça pue ! LOL
  • Je fabriquais un cerf-volant avec du roseau trouvé près d’un étang, du papier journal, de la ficelle à poulet, et de la farine et de l’eau pour faire la colle.
  • J’élevais des vers de terre, dans du carton mouillé que je trouvais dans la décharge, et que je revendais au magasin de pêche, pour acheter des mistral gagnant… ou autre roudoudou…
  • Je faisais des glissoires dans la rue, avec mes bottes en caoutchouc et du carton, je passais la journée à descendre en glissant dans la rue gelée et j’avais les doigts qui piquaient quand je rentrais au chaud…
  • Nous faisons des batailles de boules de neige dans la cour de récré.
  • Je jouais à l’élastique sur le goudron de la cour… Nous jouions au football avec une boule de papier recouverte avec du scotch…

Puis j’ai eu des enfants… J’ai appris à avoir peur pour eux, mais je les ai laissé faire des cabanes dans les arbres, jouer avec la terre, et le chien… Courir dans les bois. Quelques os cassés plus loin… J’ai vu les mentalités changer… « Vous êtes inconséquent ! » Me disait-on, « c’est dangereux ! »  Et les enfants ne pouvaient même plus aller dans la cour quand il avait de la neige… Les balançoires se sont sécurisées et les vaccins sont devenus une véritable sécurité… À tel point que la génération suivante veut tellement supprimer le risque qu’ils ne se font même plus vacciner, car il y a des produits dangereux dans le vaccin… Ben oui…. !

La vie c’est dangereux ! La vraie vie c’est le risque… Plus de risque et plus de vie ! On chipote sur tout, on préfère l’artificiel, complètement maitrisé, au naturel qui pue ! Et c’est vrai, que la durée de vie a augmenté… Mais si on regarde la longévité des arbres … Nous en sommes loin ! Alors quoi ? Devenir des arbres ?

Le coronavirus, nous renvoie à l’incertitude de la vie et cela nous l’avions, une peu oublié… Dans les années 80, le sida nous a envoyé un coup de semonce, puis Ebola, puis la grippe H1N1 (et la H5N1 qui nous guette), puis le SRAS, puis le MERS… et enfin arrive le COVID-19… Et c’est le B….

Moi, l’humain de 2020, je veux des certitudes ! Je suis dans MON monde de certitudes, et j’ai un avis bien arrêté sur TOUT ! J’ai raison et les autres qui ne sont pas de mon avis ont tort ! D’ailleurs je m’appuie sur des avis scientifiques, qui n’ont pour certains qu’une vague ressemble avec la science, car j’ai perdu le contact avec la réalité !

Le danger ? Je n’en veux pas… Je limite la vitesse ! Je mets une ceinture de sécurité. Je mets un casque pour faire du vélo, et de la trottinette.

Je veux être protégé contre tout ce qui pourrait me faire tomber malade… J’active mon système émotionnel, « Prévention de la menace » en permanence. Je veux vivre des sensations fortes, mais « en sécurité »

Une petite parenthèse. Vous connaissez nos 3 systèmes émotionnels  ? Peut-être. Je vous fais un rapide résumé dans le schéma ci-dessous.

Les systèmes émotionnels

La société de consommation actuelle tend à nous pousser à développer notre système « menace » et notre « système ressource ». C’est un couple qui nous pilote que vous pouvez retrouver dans un article précédent sur ACT. Dans le 3e cercle, nous voyons le terme « sécurité » apparaitre, qui représente la sécurité par rapport au lien affectif, et ,non la sécurité en général.

Qu’avons-nous fait ? 

Le système menace a pris toute la place ! La motivation elle-même disparait si elle n’est pas soutenue par des artifices commerciaux.

L’état des lieux ?

Nous sommes en état de sidération, en comprenant que l’avenir ne ressemblera plus au passé. Comme lorsque le sida est apparu, et que j’ai dû commencer à mettre des préservatifs… Combien de personnes de mon âge ne supportent pas le préservatif ?

Qu’est-ce qui va changer ?

  • Si un traitement ou vaccin arrive rapidement et qu’il fonctionne plutôt bien… Rien ne changera ! Car progressivement nous reviendrons à nos vieilles habitudes…. C’est le principe de l’inertie d’un système qui est difficile à changer, de direction ou de vitesse…. Et progressivement les gens vont perdent les habitudes de « gestes barrières » et vont se féliciter de l’intelligence humaine, et vont continuer dans un monde aseptisé où l’on veut éliminer l’incertitude.
  • Dans tous les autres cas : L’incertitude devra être intégrée comme un facteur du vivant, au risque de voir arriver une société hygiéniste et autoritaire. Une société jugeante et moralisatrice… Observez la manière dont déjà cette société a eu du mal à sortir de la stigmatisation des comportements face à la maladie. S’il est comme cela, c’est parce que son comportement l’a amené là où il est… (exemple : sida ou drogues diverses). La société va vouloir contrôler tous les comportements (Big Brother is watching you). Traçage, flicage et dénonciations sont au programme. Déjà nous en voyons les prémices, dans les discours politiques et pourtant nous ne savons pas du tout de quoi demain sera fait.

Alors quoi ?

Je ne suis pas grand clair, mais je peux affirmer déjà que ce qui peut nous sauver, de la faillite de tous les systèmes sociaux actuels des démocraties occidentales. C’est la volonté commune d’activer notre système  émotionnel « Affiliation » pour établir des relations « secure » et permettre l’émergence, de la compassion.

Nous avons une vie actuellement, qui est basée sur un nombre grandissant d’illusions. C’est la course à la consommation, et à la certitude. Nous voyons bien que l’être humain veut éviter la douleur. Et c’est cette stratégie qui provoque sa plus grande souffrance sans qu’il le sache. Pour laisser de la place à notre système émotionnel « affiliation »… Nous devons faire des choix qui engagent nos vies, vers ce qui est vraiment important pour nous… Et j’en reviens encore à « nos valeurs ».

Matrice ACT

Passer à la droite de la matrice ACT… C’est regarder ce qui est important pour nous avant de poser une action… Ralentir-Observer-Accepter ce qui est puis faire un choix vers une action engagée vers nos valeurs.

C’est aussi, tenir compte de tous ceux qui vont rester sur la touche, en plus de ceux qui y sont déjà avec le système élitiste actuel, piloté par le gain immédiat. Vous avez pensé vous aux émeutes qui vont venir si on ne change rien ? Le système précédent a promis le bonheur par l’avoir et bien entendu ça ne marche pas, mais personne ne le dit. Même ceux qui ont des tunes, peuvent, et sont malheureux ! Car la douleur est inhérente à la nature même de la vie ! Nous tellement attaché à la vie… Je vais citer le Dalaï-lama (une fois n’est pas coutume, pour moi) :

« Si nous n’arrivons pas à comprendre que la nature de l’existence se caractérise par la souffrance, notre attachement à la vie [que nous avons] augmente. Si nous cultivons notre prise de conscience de la nature misérable de la vie, nous surmontons notre attachement cette dernière. »
(J’ai ajouté entre crochets des mots qui rendent plus « aimable » sa phrase pour les Occidentaux, car certains seraient désespérés…)

C’est édifiant, non ? Tous les humains souffrent ! C’est normal de souffrir quand un parent décède, mais c’est inévitable ! Vous connaissez l’histoire des graines de moutarde ? (Voir à la fin de l’article)

Alors ? Dans ce Nouveau Monde ? Aujourd’hui plus d’embrassades, et de poignets de main… Et demain ? Et si nous avions le temps ? Et si nous n’étions pas pressés par la construction collective de nos sociétés ? Comment agirions-nous ? Hier le gouvernement français, et notre président en tête, nous envoyaient pour des élections « à marche forcée » et nous avons payé avec plus de 20000 morts! Demain, ce même gouvernement veut nous envoyer à marche forcée vers la reprise des écoles… Qui va payer la note ?

  • Personnellement quand j’ai évalué la situation, je n’ai pas été voter ! Pourquoi ? Parce que je ne suis pas pressé… J’aurais pu garder Enjalbert comme maire pendant encore un an, pourquoi pas ?
  • Le 11, mais certains de mes patients me demandent si j’ouvre mon cabinet. Et je réponds, mon cabinet n’est pas fermé, mais je ne reçois qu’en téléconsultation. Et ça marche bien ! Et pour ceux qui n’ont pas d’ordinateur ? Ça fonctionne aussi avec le smartphone. Et pour ceux qui n’ont ni ordinateur ni smartphone, et qui donc ne peuvent pas lire mon article. Je crois qu’il est urgent de mettre à disposition des « cabines de téléconsultation » dans nos villes et nos campagnes ! Ça existe déjà, il suffit d’investir. Mais pour cela il faudrait que nous prenions conscience que c’est l’affiliation et donc la solidarité qui prime… Ce n’est pas encore ça… Personnellement donc, je ne recevrais pas de patients en cabinet avant , le mois d’octobre… J’ai expliqué dans un précédent article pourquoi je ne veux pas me retrouver à l’hôpital quand il sera très chargé… Dès que l’hôpital peut me recevoir, j’irais volontairement au contact avec le virus, à moins qu’avant un vaccin ou un traitement fonctionne bien… Pourquoi pas ?

Peur ? Moi ? Oui, bien sûr, j’ai peur de souffrir ! J’ai déjà expliqué cela dans mes articles précédents… Je vais reprendre la phrase de Valéria dans Conan le Barbare (j’ai des références moi Mossieur !) :

« Crois-tu qu’on vive éternellement ? »

Alors je choisis de vivre, ici et maintenant… Je m’engage dans cette nouvelle existence avec réalisme et en regardant tout le travail à faire… Un beau chantier, ma foi !

Pleine conscience et compassion.

On y va, vers ce nouveau monde ? Et comme promis voici l’histoire des graines de moutarde pour finir ce long post du dimanche au soleil. 🙂


Histoire des graines de moutarde :

Kisagotami, perdit son seul enfant alors il n’avait que quelques années. Elle était incapable d’assumer son décès, folle de chagrin, elle passait de maison en maison, demandant qu’on le soigne. Finalement quelqu’un eut le cœur et la bonne idée de lui conseiller d’aller demander de l’aide au Bouddha, si bien qu’elle alla le voir et lui demanda de ramener son enfant à la vie.

Il ne refusa pas. Il ne lui fit pas de sermon, il savait que c’était inutile, vu son chagrin.  En fait, il ne répondit pas du tout à sa question. Il dit seulement : « Apporte-moi quelques graines de moutarde, mais apporte-les moi d’une maison où personne n’est mort. » Elle partit, allant d’une maison à l’autre. Partout où elle allait, les gens voulaient bien lui donner des graines de moutarde. Mais quand elle posait la question : « Est-ce que quelqu’un est mort dans cette maison ? » ils répondaient :« Ne nous rappelez notre chagrin, les morts sont nombreux, mais les vivants sont peu nombreux. » Dans chaque maison elle apprit la même leçon : la mort va vers tous. Finalement, elle laissa le corps de son enfant dans la jungle, revint au Bouddha, et s’assit calmement à ses pieds. Elle ne dit plus rien pendant longtemps. Et elle dit enfin : « Donne-moi un refuge », et elle devint nonne.

 
 
 
 
 
 
 

Le monde a changé ! Vous avez compris ?

Impact du confinement et ACT

Vous tournez en rond ? Personnellement, depuis 15 jours je suis confiné dans mon environnement de vie habituel, et des millions de Français sont confinés depuis 8 jours quand j’écris cet article.  Pourquoi ai-je une semaine d’avance ? Parce que je fais partie de ces personnes dites « à haut risque » avec ma BPCO stade 2 (perte de 50% de mes capacités respiratoires), mon âge, ma tension artérielle… Enfin je fais parie de ces gens « à risque » qui sont vivants ! Quelle chance  que j’ai, de ne pas encore, avoir été contaminé !

Depuis 15 jours, je ne tourne pas en rond… Je travaille tous les jours… J’ai des journées très chargées. Je commence le matin vers 5:00 comme d’habitude et je termine vers 20:00… Rien ne change de ce coté… Sauf que je ne croise personne en chair et en os, à part mon épouse qui reste, elle aussi, à la maison grâce au télétravail…

Je commence par ma méditation du matin, puis ma ballade de 10 à 20 Km… dans la salle de sport… Enfin je veux dire mes 30 min à une heure de vélo d’appartement, dans la chambre d’amis ! Et après ma douche, je vais prendre mon petit déjeuner avec mes amis… de 8:00 à 9:00 grâce à Zoom… 😉

Et la journée de travail commence !

Depuis quelques jours je reçois des appels à l’aide de personnes qui souffrent du confinement, directement ou indirectement par effet rebond.

  • Directement
    • Des personnes me disent avoir des troubles du sommeil.
    • D’autres sont anxieux, voire angoissés.
    • Certains ont des réactions incontrôlables aux émotions qui d’habitude ne les gênent pas plus que ça…
    • Des symptômes de dépression apparaissent chez d’autres
  • par effet rebond
    • Des femmes qui sont victimes de violences de leur conjoint qui boit
    • des personnes qui sont addicts et qui constatent que leur addiction augmente…

Une analyse, des études scientifiques effectuées en Chine depuis le début de l’épidémie et dans d’autres pays avec le SRAS, autres cas de confinement, effectuée par Catherine Tourette-Turgis confirme ce que je présentais depuis ces quelques jours : le confinement va avoir des effets très marqués même sur les personnes non atteints par le COVID-19.

Nous (les psychologues) allons avoir à gérer des syndromes post-traumatiques, mais pas que… Des rechutes d’addiction, des dépressions, des TAG (troubles anxieux généralisés provoqués par le confinement lui-même !

Le confinement provoque un grand changement dans nos vies, en fonction de la manière dont nous avons choisi de vivre le bonheur. Choisit-on de vivre du bonheur d’une manière ou d’une autre ? Oui ! Car on choisit le bonheur à vivre… On le choisit de manière consciente ou inconsciente. Le plus souvent c’est de manière inconsciente d’ailleurs. Je reviendrai sur cette notion de bonheur dans une capsule vidéo ou un article à venir. Et dans cet article je vais revenir sur le schéma suivant qui va vous expliquer d’une manière très simple pourquoi pour lutter contre le confinement et ses effets, la thérapie d’acceptation et d’engagement peut être une manière efficace de passer ce moment qui nous est offert, de travailler sur nos valeurs.

Matrice ACT
Remplacer dans ce schéma la douleur par : le confinement….
Explorons les 3 stratégies automatiques (gauche du schéma)

  1. Lutte : je refuse le confinement, je veux être libre ! Alors ? je mets ma vie et celle des autres en danger. Je me prends une amende de 135€… Puis 1500€… Puis 3700€ et prison ! J’augmente ma souffrance… Directement et indirectement, je rumine, je ne dors plus… je suis en colère, je suis frustré…
  2. Évitement : Pour ne pas penser à mon confinement, je joue et je m’abrutis de jeux vidéo, puis de séries, puis.. d’alcool ou de drogue… Je rentre dans l’autodestruction et la destruction de mon environnement…
  3. Résignation : Je reste apathique… Je déprime… Je n’ai envie de rien. J’ai des idées noires… La dépression, voire le suicide !

Alors que faire ?
Regardez la partie droite de la matrice ci-dessus…

LA PAIX INTÉRIEURE NE DÉPEND QUE DE MOI !

Elle passe par la mise en oeuvre de ce qui donne du sens à ma vie… Alors qu’est-ce qui donne du sens à votre vie, maintenant ? Oui maintenant que vous êtes confiné… Alors ? Il n’y a rien ? Tout est à l’extérieur de vous ? Vous êtes frustré ? Que vous dit cette frustration ?

Elle vous dit que vous êtes en train de courir après une chimère ! Que les moyens utilisés pour atteindre votre objectif ne sont pas adaptés ! Le bonheur n’est pas dans cette direction…

Alors que faire ? Commencez par réfléchir sur vos valeurs… Quelles sont-elles vraiment ? Vraiment, vraiment… Vraiment ….
Les valeurs ou directions de vie choisies :

  1. Elles donnent du sens à ma vie
  2. Elles sont intégralement sous mon contrôle
  3. Je peux les vivre au quotidien dans le domaine de vie concerné…

Profitez de ce confinement pour y réfléchir vraiment…