L’impact de la fusion cognitive sur notre vie.

L’impact de la fusion cognitive sur notre vie.

Comme je l’indiquais dans d’autres articles, il n’est pas possible de changer ses pensées de manière complètement autonome. La plupart des pensées qui viennent à notre conscience ne sont pas choisies par nous mais par les évènements, et les circonstances auxquelles nous sommes soumis. Vous trouvez ça pénible ? Ben quelquefois cela peut nous paraitre très inconfortable, en fonction des pensées qui viennent.

C’est souvent à l’origine de ce que l’on appelle des phobies d’impulsion.

Une petite défintion simpose : La phobie d’impulsion est un symptôme psychiatrique caractérisé par la crainte obsédante de commettre un acte qui peut être agressif ou moralement incceptable.

C’est pour cela que certaines mamans viennent me voir avec des pensées qu’elles ne supportent plus. Par exemple : « Elles se voient en train de noyer leur bébé ou de le jeter par la fenêtre » et c’est insupportable pour elles ! Alors elles culpabilisent, et s’exposent à des épisodes dépressifs qui ont des conséquences certaines sur leurs vies.

Avec la thérapie d’acceptation et d’engement, le processus mis en oeuvre pour les aider est la défusion cognitive.

Pour toucher du doigt la puissance de la fusion avec nos pensées, je vous propose un exercice. Cet exercice vient des travaux de Monestès & Vilatte (2011), que l’on peut retrouver dans le livre The Big Book Of ACT Metaphors…

Puisance de la fusion cognitive

Prenez une feuille de papier vierge et un stylo. Lancez le disporama et suivez les instructions sur chaque image.

Étape 1/6

Étape 2/6

Étape 3/6

Étape 4/6

Étape 5/6

Étape 6/6

Peut-être vous êtes-vous aperçu que cet exercice n’est pas facile. Pour la plupart des personnes, à partir du moment où la phrase devient intelligible, un malaise apparaît. Bien-sûr, dans cette phrase il semble que vous vouliez que je meure … Mais je sais bien que ce n’est pas votre intention ! 😉

Mais vous ne me connaissez pas vraiment et donc, puisqu’il n’y a pas de témoins, c’est moins difficile. Mais la dernière diapo…

C’est un autre regard que vous y portaez, n’est-ce pas ?

Vous n’avez aucune intention de tuer qui que ce soit, mais … on ne sait jamais …. N’est-ce pas ? Et si ça se réalisait ? Hein ?

Déjà vous vous sentez coupable … mais coupable de quoi ? 

En Fait dans la vie de tout les jours, nous avons des pensées qui nous viennent directement de l’extérieur… Et pourtant … Quel impact sur nous, hein ?

CQFD ! (Ce qu’il fallait démontrer)

Bon travail de défusion … Et haut les coeurs… Tournez vous vers vos valeurs… Et si vous veniez faire ce stage de méditation de pleine conscience en janvier ? Venez avec nous ! Je suis sûr que ça va être génial ! Pour vous inscrire   suivez ce lien ou écrivez-moi.

L’impact de la fusion cognitive sur notre vie.

Passer à l’action et la confiance en soi

Beaucoup, vous avez dit beaucoup ? OUI ! Je le dis… BEAUCOUP de personnes qui viennent me voir parce qu’elle procrastinent et n’arrivent pas à se mettre en action, me tiennent les propos suivants.
Extrait de dialogue.

  • (Client) Je n’arrive pas à passer à l’action.
  • (Moi) Et comment ça se passe ? Pouvez-vous me donner un exemple ?
  • (Client) Voilà je veux faire XXXX (une action) et je n’y arrive pas… C’est parce que je n’ai pas confiance en moi !
  • (Moi) Cette action est difficile à poser ?
  • (Client) Non pas vraiment, mais je ressens des émotions tellement désagréables, que je n’y arrive pas.
  • (Moi) Et vous ressentez quoi exactement ?
  • (Client) Je ne sais pas, mais je n’ai pas confiance en moi. Ça c’est sûr…
  • (Moi) Alors que se passerait-il si vous posiez cette action ?
  • (Client) ?? (silence) Je ne sais pas !
  • (Moi) C’est important pour vous de le faire ?
  • (Client) Oui, parce que cela changerait ma vie.
  • (Moi) Cela changerait quoi ?
  • (Client) Tout, mais de toute façon, je n’y arriverai que quand j’aurai confiance en moi…

Je vais arrêter ici cet échange assez éclairant sur la situation. La personne veut poser une action et ressent des émotions désagréables. Mais elle ne veut pas les ressentir. Elle se dit que si elle avait confiance en elle, elle ne ressentirait pas ces émotions désagréables.
Et si on parlait un peu de cette confiance en soi. C’est quoi ?

La confiance en soi est une émotion que l’on ressent face à une situation ou l’on ne met pas en cause ses capacités à faire. En fait, on imagine que l’on est capable de faire face à la situation, le doute est absent, et nous nous sentons dans le confort. Cela signifie que nous nous sentons capables d’aller au bout de notre action avec les ressources, les qualités et les points forts que nous avons. Le danger n’est pas complètement absent, mais nous nous sentons capables d’y faire face.

Que se passe-t-il si nous n’avons jamais affronté de situation de ce type ? Alors à ce moment, le doute peut apparaitre, plus ou moins facilement en fonction de notre capacité à savoir que nous sommes capables de nous adapter à la nouvelle situation. Plus nous avons affronté ce genre de situation, plus c’est facile pour nous d’imaginer une issue favorable.

Bien sûr, les situations nouvelles ne manquent pas dans notre vie quand nous sommes jeunes. Et chaque situation nouvelle ne met devant le même problème… Vais-je savoir passer au-dessus des problèmes nouveaux. Et la réponse est … « Je ne sais pas ! » et « pourquoi pas ? » ou alors… En fonction de nos schémas de fonctionnement, il peut y avoir un stress, très grand… Et une réponse de type…. « Pas possible » ou « trop risqué » peut apparaitre, si nous avons un schéma de type « L’échec est interdit ! » ou « Je confonds la faute et l’erreur »

Nous pouvons nous apercevoir que beaucoup de facteurs entrent en ligne de compte, et un des facteurs les plus importants est notre capacité à accepter de « se planter » et notre expérience des situations nouvelles où nous avons tenté une action avec une issue potentiellement positive. Et sinon nous avons corrigé nos actions en posant de nouvelles actions qui finalement vont aller vers une réussite.

Il est clair qu’un des principes à prendre en compte est : « Accepter mes échecs pour ce qu’ils sont : un apprentissage de ce qui ne marche pas ! »
En tenant compte du principe suivant : « je refais la même chose il y a de grandes chances que le résultat soit le même ! »
Et là apparait le principe Schadok suivant :
shadok2

 Où va-t-on avec ces raisonnements ?

Si je tiens compte des facteurs indiqués ci-dessus :

  • Plus je pose d’actions, plus je vais avoir d’expériences
  • Si je change d’actions en fonction de mes échecs, je vais aller vers un plus grand pourcentage de réussite
  • Plus je vais avoir de réussites, plus je vais avoir la certitude que je suis capable de m’adapter
  • Plus je vais donc avoir confiance en moi !

CQFD ! (Ce qu’il fallait démontrer !)

Dans l’échange initial entre mon client et moi… On peut constater que le client met la charrue avant les boeufs !

Ce n’est pas parce qu’il n’a pas confiance en lui qu’il ne pose pas d’action… mais parce qu’il ne pose pas d’action qu’il n’a pas confiance en lui. Dommage hein ?

Les émotions que je ressens dépendent aussi des actions que je pose, et des situations dans lesquelles je me trouve. Si je reste dans le confort, je ne ressens pas d’émotions désagréables, à priori, mais je ne fais pas d’action qui pourraient changer ma vie, et donc je m’incapacite à changer ! Or changer sa vie, c’est vivre, tout simplement. Parce que la vie est le changement. Donc, je m’interdis de vivre pleinement ma vie. Et je m’en veux quand je m’en aperçois, car je me trahis indirectement… Et comment voulez-vous avoir confiance en quelqu’un qui vous trahit en vous empêchant de vivre ?

Donc en refusant de sortir de ma zone de confort…  Je vais vers la construction d’un manque de confiance en soi…

En conclusion :

C’est en acceptant de poser des actions qui me sortent de ma zone de confort que je peux augmenter ma confiance en moi…

Ça vous tente ? Un peu d’émotion désagréable pour une vie pleine de sens ?

Attention au piège de la confiance en soi… C’est une belle excuse pour ne rien faire… Bouuuhhh, cela m’enlève encore une excuse… Si ça continue, je vais être obligé d’être heureux. Ben mince alors, on ne peut plus être malheureux tranquille ?

Comment motiver qui ne l’est pas ? (5/10)

Comment motiver qui ne l’est pas ? (5/10)

courses-de-haieDéjà la moitié des articles consacrés à ce sujet. Aujourd’hui je vais un peu changer de perspective. Oui, dans mes précédents articles et dans mon discours en général, je dis souvent au lieu de regarder les problèmes concentrons nous sur nos forces, et nos talents, puis passons aux aspirations et enfin mettons résolument en oeuvre nos premiers pas. (Méthode SOAR VS SWOT). Je ne vais pas réellement revenir en arrière ici. Je ne vais pas regarder les problèmes, mais uniquement les blocages potentiels. Car nous voulons éveiller la motivation. Et donc nous allons, éviter de souffler trop fort pour ne pas éteindre la flamme vacillante, mais nous allons aider notre patient à entretenir cette motivation en restant dans l’action..

Stratégie 5 : ANTICIPER LES OBSTACLES.

Quand un patient se fixe un but, il est souvent utile de poser la question suivante : »Qu’est-ce qui pourrait faire obstacle à ce but ? »

Et comme cela nous pouvons planifier les moyens de contourner les obstacles une fois identifiés.

Exemples :

  • Y a-t-il des personnes près de vous, dont l’avis vous importe et qui pourraient faire obstacle à votre but ? Si oui, nous pourrions travailler sur « savoir présenter ses buts avec assertivité ».
  • Imaginons que l’aspect financier soit un obstacle, nous pourrions commencer par travailler sur l’objectif d’avoir les fonds nécessaires ou de reformuler un objectif où l’argent ne serait pas un problème.
  • Souvent l’obstacle est une question de temps. Dans ce cas, nous pouvons demander « Seriez-vous prêt à libérer du temps pour cette nouvelle activité, suffisamment d’énergie pour celle-ci  et donc d’en faire moins sur les autres domaines ?

Si l’obstacle est incontournable et que l’objectif est donc impossible à atteindre dans le contexte. Il nous faut travailler avec notre patient sur acceptation de la situation, et non la résignation, dans le contexte, et l’aider à définir un nouvel objectif, pour qu’il reste dans l’action engagée vers ses valeurs.

Nous devons travailler sur acceptation/défusion/valeurs/actions engagées.