Comment construire sa vie en grand ?

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Je vous propose aujourd’hui une métaphore que j’utilise avec mes clients qui commencent à s’enfermer chez eux, à cause des troubles anxieux, ou qui sont atteints de phobie sociale.
En effet ces clients, sont souvent dans l’évitement expérientiel, et pas toujours conscient de la portée de leurs choix.

Métaphore de la construction de la maison
(d’après The Big Book of ACT Metaphors – Jill A. Stoddard)

Avez-vous remarqué que chaque fois que vous évitez une situation ou un évènement parce que cela pourrait causer un inconfort, vous réduisez aussi les options disponibles pour vous?
En évitant la situation, vous pourrez peut-être vous sentir un peu plus à l’aise à ce moment-là. Mais vous n’obtenez également aucun des avantages qui auraient pu résulter de cette situation. C’est un compromis, non? Et ce compromis est-il vraiment bénéfique pour vous ?

Avez-vous constaté qu’en évitant les situations inconfortables, vous réduisez de plus en plus votre vie. La vie est très semblable à la construction d’une maison.

Pour construire une maison, vous avez besoin de matériaux de construction, appelés   » briques « , et vous en avez beaucoup qui trainent autour de vous – vos expériences.
Dans votre vie, vous avez remarqué que certaines de ces briques sont plus jolies que d’autres. Certaines d’entre elles sont des briques neuves et propres qui représentent des sensations, des pensées, des souvenirs et des sentiments agréables.
Les autres briques sont cassées ou sales ou n’ont tout simplement pas l’air assez robustes. Celles-ci représentent toutes les expériences difficiles que vous avez vécues, telles que les symptômes, les pensées et les sentiments négatifs.

Que se passerait-il si vous choisissiez de construire votre maison avec uniquement les belles briques? Ce serait probablement une très petite maison, n’est-ce pas?

Et si les belles briques étaient proches des briques sales ou cassées ou même sous un tas d’entre elles?

N’est-il pas vrai que vous avez été si occupé à essayer de ne pas toucher aux briques « désagréables » que vous avez manquées ces belles briques cachées?

Cela ne réduirait-il pas davantage votre espace de vie? Vous pourriez dire que vous êtes heureux de vivre dans une petite maison.
Cependant, chaque fois que vous sortez de la maison, les vilaines briques vous attendent toujours, vous empêchant de vous procurer de nouvelles briques plus agréables. Vous pourriez même finir par atteindre le point où vous ne quittez plus la maison.

Cela ressemble à un gros compromis, n’est-ce pas? Que se passerait-il si vous choisissiez de construire votre maison avec toutes les briques que vous avez à votre disposition? Et si ce que nous pouvons faire ici est de construire une maison avec toutes les briques disponibles afin que vous puissiez avoir un peu plus d’espace pour vivre?
Et si c’était un espace où vous pouvez apprendre à vivre avec des briques agréables et désagréables dans votre maison au service d’une vie plus grande, un espace dans lequel vous aurez le choix de continuer à vous développer?

Alors comment ça sonne en vous ? Il n’y a pas besoin d’être atteint de phobie sociale pour être dans l’évitement… N’est-ce pas ? Et si vous construisiez votre vie « en plus grand  » ?

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Un moment de panique ? Les enfants dans le bus !

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J’ai un métier formidable, car j’apprends tous les jours ! Hier encore j’ai pris conscience de cette chance. Avec une cliente, qui est atteinte de trouble anxieux généralisé (TAG). Elle est sujette à des moments de panique dans ses déplacements. Dans le métro, dans le RER, elle appréhende le moment où le transport s’arrête. Elle attend l’accident potentiel. Elle a une peur panique de la foule, de mourir étouffée dans un moment de panique. Cette peur s’étend à d’autres domaines de sa vie, de plus en plus… Quand elle est venue la première fois, elle était devant un mur, selon ses dires. « Alors, comment envisager de voyager ? De partir en vacances ? Comment envisager d’aller diner chez des amis le soir ? Comment prendre sa voiture à Paris ? Vous vous rendez-compte, et si je reste coincé sur le périphérique ? Dans les embouteillages ? Si j’ai une crise de panique ? Je vais avoir un, accident ! ce n’est pas possible ! » Et elle se met à pleurer doucement… » J’ai tout essayé ! » Et commence la longue litanie de tous ses échecs : « l’hypnose, la PNL, le rebouteux, j’ai même essayé avec la sophrologie, la relaxation…. Rien ne fonctionne, c’est toujours un éternel recommencement, j’en ai marre… »

« On m’a conseillé les thérapies comportementales. Vous pensez que ça va marcher ? »

Aujourd’hui nous sommes à la 5e séance avec ACT. Elle arrive avec le sourire : « Hier j’ai pris le RER C et… J’ai fait les exercices que vous m’avez appris… Et ça marche ! »

– Moi : « Vous en doutiez ? »
– Elle « Non ! J’étais sûre que ça marchent pour les autres, mais…  »
– Moi « Mais pas pour vous, c’est cela ? »
– « Exactement ! »
– « Qu’est-ce qui s’est passé? »

Et elle me raconte : « Je fais les exercices tous les jours, je respire, j’observe ma respiration, je me mets au présent chaque fois que des idées dérangeantes se présentent. C’est de plus en plus facile ! Maintenant c’est devenu  un véritable réflexe !  (en 2 mois soit 4 séances) c’est bizarre, non ? »

– « Que trouvez-vous bizarre ? Vous vous entrainez et ça marche ? »
– « Effectivement, je m’étonne, moi-même ! Je ne croyais pas que j’y arriverai… Vous avez fait un super boulot ! »
– « Enfin, c’est quand même vous qui l’avez-fait ce boulot, non ?
– « Bien sûr, vous avez raison… J’AI fait un super boulot ! Vous m’avez simplement montré certaines techniques »
– « Yep ! Nous sommes complètement d’accord ! Alors comment ça s’est passé exactement ? Vous êtes dans le wagon du RER… Racontez-moi.. Que voyez-vous, que sentez-vous ? »
– « Je suis dans le wagon, l’odeur est acre et je la trouve un peu écoeurante, c’est un mélange de parfums et de transpiration, le train s’arrête… Et ne repars pas… Il me vient l’idée que le chauffeur a eu un malaise, ou c’est un panne… Ce n’est pas normal ! Je commence à observer, mon présent… Ma respiration, est lente et profonde, la lumière est un peu voilée, je n’ai pas froid… Je vois mes pensées qui s’agitent un peu comme des enfants dans un bus scolaire (Elle est institutrice)… Je tends mes bras autour d’eux… Calmez-vous mes enfants, vous ne risquez rien, je suis là pour vous aider… Ils se calment… ÇA MARCHE ! Le calme revient, le temps passe je regarde les gens autour de moi… J’observe mes mains, ma respiration, sa profondeur, je suis calme… Je pense à la piscine et au ballon (Voir l’article sur cette métaphore)… Je ne lutte pas je surfe… L’angoisse est venue, et je suis resté au commandes de ma vie… je vis avec mes peurs, qui sont normales ! J’envisage l’avenir… J’ai envie de voyager ! »

J’ai beaucoup aimé la métaphore qu’elle a construite ! C’est mon cadeau d’aujourd’hui… Une métaphore qui aide à défusionner de ses pensées, les accepter et arrêter la lutte.
Quand les pensées dérangeantes arrivent… Je les vois comme des enfants dans un bus… Les enfants, sont, et restent des enfants ! Il faut les protéger !  Cela nous ramène à notre position d’adulte…
Etonnant, non ? Bonne journée à vous !]]>