Un moment de panique ? Les enfants dans le bus !

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J’ai un métier formidable, car j’apprends tous les jours ! Hier encore j’ai pris conscience de cette chance. Avec une cliente, qui est atteinte de trouble anxieux généralisé (TAG). Elle est sujette à des moments de panique dans ses déplacements. Dans le métro, dans le RER, elle appréhende le moment où le transport s’arrête. Elle attend l’accident potentiel. Elle a une peur panique de la foule, de mourir étouffée dans un moment de panique. Cette peur s’étend à d’autres domaines de sa vie, de plus en plus… Quand elle est venue la première fois, elle était devant un mur, selon ses dires. « Alors, comment envisager de voyager ? De partir en vacances ? Comment envisager d’aller diner chez des amis le soir ? Comment prendre sa voiture à Paris ? Vous vous rendez-compte, et si je reste coincé sur le périphérique ? Dans les embouteillages ? Si j’ai une crise de panique ? Je vais avoir un, accident ! ce n’est pas possible ! » Et elle se met à pleurer doucement… » J’ai tout essayé ! » Et commence la longue litanie de tous ses échecs : « l’hypnose, la PNL, le rebouteux, j’ai même essayé avec la sophrologie, la relaxation…. Rien ne fonctionne, c’est toujours un éternel recommencement, j’en ai marre… »

« On m’a conseillé les thérapies comportementales. Vous pensez que ça va marcher ? »

Aujourd’hui nous sommes à la 5e séance avec ACT. Elle arrive avec le sourire : « Hier j’ai pris le RER C et… J’ai fait les exercices que vous m’avez appris… Et ça marche ! »

– Moi : « Vous en doutiez ? »
– Elle « Non ! J’étais sûre que ça marchent pour les autres, mais…  »
– Moi « Mais pas pour vous, c’est cela ? »
– « Exactement ! »
– « Qu’est-ce qui s’est passé? »

Et elle me raconte : « Je fais les exercices tous les jours, je respire, j’observe ma respiration, je me mets au présent chaque fois que des idées dérangeantes se présentent. C’est de plus en plus facile ! Maintenant c’est devenu  un véritable réflexe !  (en 2 mois soit 4 séances) c’est bizarre, non ? »

– « Que trouvez-vous bizarre ? Vous vous entrainez et ça marche ? »
– « Effectivement, je m’étonne, moi-même ! Je ne croyais pas que j’y arriverai… Vous avez fait un super boulot ! »
– « Enfin, c’est quand même vous qui l’avez-fait ce boulot, non ?
– « Bien sûr, vous avez raison… J’AI fait un super boulot ! Vous m’avez simplement montré certaines techniques »
– « Yep ! Nous sommes complètement d’accord ! Alors comment ça s’est passé exactement ? Vous êtes dans le wagon du RER… Racontez-moi.. Que voyez-vous, que sentez-vous ? »
– « Je suis dans le wagon, l’odeur est acre et je la trouve un peu écoeurante, c’est un mélange de parfums et de transpiration, le train s’arrête… Et ne repars pas… Il me vient l’idée que le chauffeur a eu un malaise, ou c’est un panne… Ce n’est pas normal ! Je commence à observer, mon présent… Ma respiration, est lente et profonde, la lumière est un peu voilée, je n’ai pas froid… Je vois mes pensées qui s’agitent un peu comme des enfants dans un bus scolaire (Elle est institutrice)… Je tends mes bras autour d’eux… Calmez-vous mes enfants, vous ne risquez rien, je suis là pour vous aider… Ils se calment… ÇA MARCHE ! Le calme revient, le temps passe je regarde les gens autour de moi… J’observe mes mains, ma respiration, sa profondeur, je suis calme… Je pense à la piscine et au ballon (Voir l’article sur cette métaphore)… Je ne lutte pas je surfe… L’angoisse est venue, et je suis resté au commandes de ma vie… je vis avec mes peurs, qui sont normales ! J’envisage l’avenir… J’ai envie de voyager ! »

J’ai beaucoup aimé la métaphore qu’elle a construite ! C’est mon cadeau d’aujourd’hui… Une métaphore qui aide à défusionner de ses pensées, les accepter et arrêter la lutte.
Quand les pensées dérangeantes arrivent… Je les vois comme des enfants dans un bus… Les enfants, sont, et restent des enfants ! Il faut les protéger !  Cela nous ramène à notre position d’adulte…
Etonnant, non ? Bonne journée à vous !]]>

Un cadeau dans l’été : Les araignées.

Un cadeau dans l’été : Les araignées.

IMG_7239Hier je voulais installer la lumière dans un sombre placard, dont je vous ai mis la photo en début d’article. En haut de ce mur il y a un trou qui permet de passer un fil que je vais relier au réseau principal de courant de la cave. Pour cela j’ai besoin de passer derrière ce mur dans un espace appelé « vide sanitaire ». Vous connaissez les vides sanitaires ?

C’est un endroit où personne ne va jamais et qui devient rapidement le paradis des araignées. Ca y est le mot est lâché : « Les araignées » !

Suite à un problème physique je suis incapable dans des conditions acceptables de passer sous le vide sanitaire aussi j’appelle à l’aide mon fils Valentin. Valentin est très serviable, et particulièrement gentil, et c’est vraiment une de ses caractéristiques principales. sa réponse ne fait aucun doute … Et bien si !

« Papa, je suis arachnophobe ! »  Pour info, l’arachnophobie est la phobie des araignées. Voir Wikipedia pour plus de détail

Je propose une solution. « Tu sais que je pratique Tipi, et je peux t’aider à désactiver cela. » et sa réponse ne se fait pas attendre. « Tu m’a dit qu’il fallait une expérience précise, présente à l’esprit. Et je n’en ai pas ! »

« Ben, voilà une bonne occasion non ? Mort de rire ! » et lui aussi de rire … Je te propose de faire passer devant toi ma canne de marche en faisant des moulinet… Cela détruira les toiles d’araignées puis tu passeras avec un projecteur puissant.. OK ? »

Alors, il se lance… Avec lenteur… Avec circonspection… doucement puis.. Il y arrive.

« BRAVO !!! Et merci Valentin… »

Le soir après le repas, mon fils vient me voir… « Papa, je sors quelques minutes mais avant peux-tu me faire un Tipi ? Car J’ai maintenant une situation ! (Sourire)« 

  • « OK ! On y va! »
  • « Ca va être long ? »
  • « Non 10 minutes max… »
  • « OK ! »

Et nous fîmes notre séance… Un succès ! Il ne reste plus qu’à vérifier cela à l’appui d’une expérience, et surtout, mon fils m’a fait confiance. Il m’a permis de l’aider et il m’a aidé, en retour, en me permettant d’avoir le 220V dans le placard… Un échange bénéfique pour les deux.

Voilà pourquoi je parle de cadeau, un vrai cadeau au coeur de l’été.

Merci à moi d’avoir osé faire appel à lui et d’avoir appris Tipi, merci aux araignées d’exister, et merci à Valentin pour sa gentillesse et sa confiance.