De la difficulté de faire émerger les valeurs de l’autre (2/3)

De la difficulté de faire émerger les valeurs de l’autre (2/3)

cibleDans le précédent article, je vous indiquais que je continuerai à traiter ce sujet bientôt. Eh bien, bientôt c’est maintenant. 🙂 Et pour faire suite à cet article, je vous rappelle en deux mots le sujet dont il est question :

Comment faire pour être sûr que votre client est bien connecté à ses valeurs et que les actions qu’il pose lui permettent de vivre ses valeurs au quotidien ?

Rappel :

  1. L’objectif peut cacher la valeur
  2. L’évitement expérientiel peut cacher la valeur
  3. Rien n’est important
  4. L’induction du thérapeute (pliance/contrepliance)
  5. L’importance du non vocal

Donc, hier nous avons traité le premier point.
L’évitement expérientiel peut cacher la valeur.

À la question : « Et si vous vous sentiez bien, que feriez-vous ? »

Le client peut répondre : « Ben, je n’en sais rien. Déjà, je me sentirais bien et ce ne serait pas si mal ! Ce serait le bonheur ! »

Le client est tellement coincé dans a lutte, contre la souffrance, qu’il ne voit rien d’autre. Le coach (ou le thérapeute) peut alors avec douceur, reprendre le travail que j’ai décrit dans le désespoir créatif.

Par exemple : « Imaginez que je vous donne, une pilule qui permette de faire disparaître toute votre souffrance intérieure. La prendriez-vous ? Mais avant de répondre, il faut que je vous dise. Vous ne pourriez plus sortir de votre lit. La prenez-vous ? Et si vous ne la prenez pas, qu’est-ce qui est suffisamment important pour vous, pour que vous vouliez sortir de votre lit ? »

PerspactiveRien n’est important.

Quand la lutte est vraiment ancienne et ancrée, il n’est pas rare que le client vous dise : »rien n’est important ! »

Alors là, il est important de ne pas insister pour identifier les valeurs. Et se concentrer sur la validation de l’expérience du client. De lui faire prendre conscience que plus rien n’est important pour lui au coeur de sa souffrance. Par des exercices de pleine conscience, le client pourra identifier où il se situe dans la percpACTive. Puis après un travail sur la défusion et sur l’acceptation. Il pourra revenir sur le travail sur les valeurs.

Et la suite ? Bientôt !
 

La Laïcité n’est pas une religion, ni une opinion…

La Laïcité n’est pas une religion, ni une opinion…

LaïcitéAvant toute chose ce qu’il faut savoir pour comprendre la suite de mon article de ce jour, c’est que je suis un être humain et que je vis en France. En France il y a un état de droit, et depuis 1905 un état laïc. J’entends des discussions, et je lis des articles et des déclarations sur la laïcité, comme tout le monde, enfin comme tous ceux qui savent lire et qui veulent lire. Et surtout j’entends une incompréhension, une confusion sur ce qu’est la laïcité !

Dernièrement je me suis fait traiter de « laïcard »… Et dans d’autres pays où je voyage régulièrement, je me suis même fait traiter de « terroriste laïc »… Bon, passons vite là-dessus, quoi que… Je ne suis pas un terroriste, je ne veux pas semer la terreur. Effectivement je suis pour l’application de la laïcité à la française en France et c’est pour cela que je tiens à expliquer à ceux que j’aime ce qu’est vraiment la laïcité. Car la laïcité ce n’est pas ce que veulent nous faire croire certains religieux :

  • mulsulmans en France faisant passer les tenants de la laïcité pour islamophobes,
  • catholiques  taxant les laics d’espions, voire une cinquième colonne, à la solde des islamistes
  • dans la sphère politique l’extrème-droite qui veut s’approprier la notion de laïcité pour mieux exclure les musulmans en France. En utilisant des termes comme « eux » et « nous ».

Dans tous les cas, c’est une honte de voir comment est traitée la laïcité, qui n’est pas comprise ! Avant de poursuivre, une question sur moi : « Suis-je adepte d’une religion ? Suis-je agnostique ? Suis-je athée ? »

Ben cela n’a aucune importance pour les propos que je veux tenir ici. Parce que la laïcité n’est pas une religion. Je connais des catholiques, des protestants, des bouddhistes, des juifs, des musulmans et des athées, qui sont laïcs. Bien sûr, je n’ai pas balayé ici l’ensemble de toutes les religions. Mais je persiste et signe. Je ne suis pas pour ou contre les religions, je suis pour « La liberté absolue de conscience ».

Vous voulez être religieux, vous ? Pour moi c’est d’accord. Ce n’est pas incompatible et je n’ai rien contre vous tant que vous ne voulez pas m’imposer cette religion ou cette non-religion. Et de toute les façons, la laïcité n’est pas une série de contraintes, mais plutôt une série de valeurs que je vais appeler « naturelles », c’est à dire liées à la nature de l’humain ! Vous êtes humains, alors, pour et grâce à la laïcité, vous avez des droits et je m’en vais les décrire succinctement.

  • La laïcité c’est le droit d’avoir ou de ne pas avoir une religion, car la laïcité c’est d’abord et avant toute chose la liberté absolue de conscience. Le droit de croire ou de ne pas croire à une religion. Donc la laïcité se place en amont, avant la possibilité d’avoir une religion. La laïcité c’est le principe qui permet aux religieux, aux agnostiques, et aux athées de pouvoir être religieux, agnostiques ou athées.
  • La laïcité à la française, est un principe qui permet ensuite de « pouvoir ne pas être inquiété pour ses opinions religieuses » c’est-à-dire que la laïcité garantit un traitement égal de toutes les expressions de religions, toutes les religions, et non seulement les religions dites « du livre », que vous soyez bouddhiste, zen, adepte de la religion de la tour qui penche », ou athée, du moment que vous le faites dans le respect de la liberté de conscience de l’autre et que vos pratiques ne sont pas à l’encontre du droit, vous pouvez le faire, dans une pratique égalitaire. C’est-à-dire que toutes les options religieuses sont égales pour la laïcité. Il n’y a pas de primauté pour telle religion ou pour l’athéisme. C’est pour cela d’ailleurs que l’homme et la femme sont égaux sans primauté, car cela est lié à leur nature. Ils sont humains et par leur nature même, ils sont libres et égaux en droits (et en devoirs)
  • La laïcité à la française c’est aussi la prise en compte de la solidarité et du bien commun. C’est-à-dire que toutes les pratiques doivent au niveau de l’état favoriser le traitement de la prise en charge de l’intérêt de chacun et le bien de tous. Et donc ne pas « favoriser » une religion, voire toutes les religions au détriment d’une partie de la population qui serait athée. Ni l’inverse !

On retrouve ici les trois grandes valeurs de notre république : Liberté, Égalité et Fraternité

Pour terminer, un petit rappel qui a son importance : « La Laïcité c’est la séparation des pouvoirs (des options) de la religion et de l’état »

Et comment l’histoire nous montre que cela est un principe valable? Un simple raisonnement par l’absurde (les matheux s’en rappellent ?)

Si la religion dirige l’état qu’est-ce que cela donne ?

  • Religions chrétiennes (catholiques -protestants) : En 1572 la Saint Barthelemy lors des guerres de religion en France, pour imposer la terreur sur une population, provoqua en une journée 3500 morts.
  • Athée : pour imposer la terreur contre les religions, le régime soviétique lors des purges a fait disparaitre des centaines de milliers de personnes.
  • Islam : le 11 septembre 2001, dans les Twin-Towers, il y a eu 3500 morts au nom d’une revendication religieuse pour imposer la terreur. Depuis le début de l’année 2016, il y a eu 48 morts par exécution, en Arabie Saoudite et des tensions dans la région du Golfe entre chiites et sunnites.
  • Religion juive : colonies en Palestine, guerre à Gaza… révoltes des Palestiniens… Beaucoup de morts… plus de 1600 morts en 15 jours…

Et j’en passe…

L’histoire nous montre qu’il n’y a pas d’options religieuses meilleures que les autres dans ce domaine.  Vous croyez que la France est arrivée à la Laïcité sans se battre pour sa liberté ? Vous croyez encore qu’il y a eux d’un coté et nous de l’autre ? Comme semblent le dire des personnes qui veulent s’approprier la laïcité et qui surtout développent des thèses d’exclusion mutuelle.

L’antisémitisme est la cause de morts et/ou d’exil, et si les religions chrétiennes vivent aujourd’hui ensemble ou plutôt cote à côté…. ce n’est pas sans heurt ! Les religieux veulent imposer leur liberté de penser. Le communautarisme veut prendre  le pas sur le vivre ensemble dans l’esprit de beaucoup de politiques qui n’assument pas la laïcité et ses principes. Vous remarquerez que si les religieux prônent un mariage avec une sexualité uniquement tournée vers la reproduction, les adeptes du mariage pour tous, les adeptes de l’utilisation des préservatifs et/ou de la pilule ne leur imposent rien.

Combats (en vrac…) en cours ou récents  pour défendre la liberté absolue de conscience:

  • le droit à mourir dans la dignité,
  • le droit au mariage homosexuel,
  • le droit de vote pour les femmes (ce n’est pas si vieux)
  • la séparation de l’église et de l’état
  • le droit à disposer de son corps
  • le droit à la médecine pour tous
  • …/… (Liste non exhaustive)

Tous ces combats sont des combats qui sont liés de près ou de loin à la laïcité.
Et pour finir, je vais résumer mon propos pour que plus jamais vous ne fassiez de confusion entre laïcité et athéisme.

La laïcité c’est la liberté absolue de conscience de croire à une vérité révélée de son choix
ou de ne pas y croire.
C’est le traitement égal de toutes les croyances
et la prise en compte de la solidarité
pour le bien commun et le bien vivre ensemble.

laicite-drapeau-fLa laïcité n’est pas une option religieuse, et ce n’est pas une opinion… Certaines personnes qui voudraient bien revenir sur la laïcité argumentent en disant que la loi de 1905 date de 100 ans donc il faut la revoir. Je répondrais que la nature humaine n’a pas changé depuis 100 ans, et que la plupart des religions s’appuient sur des faits (avérés ou supposés) qui datent de bien plus longtemps et qu’eux ne veulent pas remettre en cause leurs principes, même si ceux-ci s’appuient sur des événements conjoncturels et des pratiques qui nient la nature humaine…

Alors quoi ? Pour moi la remise en cause de la laïcité reviendrait à réintroduire en France les guerres de religions, qui dans les faits, n’ont jamais fini. Les options religieuses ne sont possibles que parce que la laïcité permet de les accepter pour ce qu’elles sont… des options. La laïcité n’est pas une option , la laïcité permet les options.

Alors que vous soyez chrétiens, musulmans, juifs, adogmatiques, bouddhistes , athées ou autres, la laïcité, vous permet de le vivre dans votre sphère privée, et de pouvoir partager avec les autres les services de la République. Tout ce qui s’éloigne de ces principes s’éloigne de ce « bien vivre ensemble » à la française que nous recherchons, s’éloigne de la laïcité et menace les 3 valeurs fondamentales de notre république.

Quelques exemples pêle-mêle :

  • Les crèches dans les mairies, au moment de Noël
  • La volonté affichée de certains politiques de vouloir affirmer une Europe de racine chrétienne
  • Demander des horaires spéciaux pour les femmes à la piscine municipale
  • Les repas confessionnels dans les écoles publiques
  • Le financement des écoles confessionnelles
  • Le concordat en Alsace-Lorraine
  • Le port du voile intégral dans l’espace public
  • Le refus du port voile musulman dans l’espace public
  • Le port du voile des fonctionnaires en exercice
  • Le refus du port du voile au boulot (sauf nécessité du service, bien sûr)
  • …/…

Liste non exhaustive ….

Bien sûr, comme vous pouvez le constater à la lecture des exemples précédents, ce n’est pas si simple. Le port du voile n’est pas « contre la laïcité » dans certains cas c’est le refus du port du voile qui l’est… Puisque la Laïcité c’est la possibilité de pratiquer notre religion du moment que nous ne sommes pas dans la sphère publique, mais même dans cette sphère publique chacun peut pratiquer sa religion… Sauf si vous êtes agent de la fonction publique…

La Laïcité ce n’est pas simpliste, la laïcité nécessite un apprentissage,
alors, vous voulez apprendre à vivre ensemble ?

 
 

Un de mes collaborateurs pue… J’en fais quoi ?

Un de mes collaborateurs pue… J’en fais quoi ?

visiteursLa question est un peu provocatrice et c’est volontaire. J’en fais quoi de quoi ? Est-ce que la question est « j’en fais quoi de cette information »  ou « j’en fais quoi de ce collaborateur » ?

Pas facile comme situation pour un manager. Et si en plus vous êtes son N+2 ? Déjà que ce n’est pas facile dans la vie privée alors dans la vie professionnelle, vous imaginez ? Et en plus si vous êtes dans un pays autre que le votre, cela se corse ! (Effectivement j’en viens… 😉

Le GBS (Gros Bon Sens) va nous aider !

1 – Traiter l’autre comme j’aimerai être traité

La démarche est « traiter l’autre comme vous aimeriez être traité si vous étiez à sa place. Eh oui, souvenez-vous que nous odeurs sont plus difficiles à percevoir que celles des autres. Alors peut-être que vous aussi vous avec un problème, pourquoi pas ? Comment aimeriez-vous être traité ?

Personnellement, je pense que j’aimerais être traité avec bienveillance. Et vous, qu’en pensez-vous ?

2 – Discrétion

Restons connectés au premier principe. Aimeriez-vous que cela soit jeté en pâture dans les autres ?

3 – Conscience

Toujours connecté au principe 1. Êtes-vous conscient de toutes vos odeurs, vous-même ? Vraiment toutes ? C’est peut-être pareil pour l’autre.

4 – Changement possible ?

Et vous pouvez vous changer votre odeur ? Peut-être bien que oui… Ou peut-être bien que non ! Certaines odeurs sont liées à une maladie en cours… (Crise d’acétone, kystes graisseux…) Alors qu’y faire ? Peut-être qu’il est nécessaire de garder simplement nos distances…

5 – Comment le dire ?

Et vous comment aimeriez-vous qu’on vous le dise ? Parce qu’en fait, si vous voulez changer quelque chose chez l’autre c’est pour quoi faire ? C’est bien parce que vous voulez continuer à collaborer avec cette personne, non ? Alors comment vous parleriez à une personne avec qui vous voulez continuer à travailler ? Calmement ? Certainement, mais encore ? En annonçant des faits et non des jugements sur l’origine de l’odeur ? Ou en accusant l’autre de cet état de fait ? Comment exprimez-vous vos propres besoins ? Savez-vous le faire ?

6 – Culture

Connaissez-vous les coutumes du pays dans lequel vous évoluez ? Croyez-vous qu’au Maroc, ou au Vietnam on ait les mêmes perceptions des odeurs dites agréables ou non ? Comment perçoit-on les odeurs corporelles dans cet endroit ? Savez-vous que pour certains l’odeur corporelle et un facteur de séduction important ? Pourquoi d’autres masquent-ils les odeurs avec un, parfum très fort voir insupportable pour d’autres.

7 – Préparation à l’action

Alors maintenant vous savez ce que vous allez dire ? Et si vous passiez à l’action !

On fait le point ? Moi j’aime bien la méthode CQQCOQP… Exemple :

  • Comment ? En tête à tête
  • Qui ? Moi je ne le fais pas dire par quelqu’un d’autre que moi
  • Quoi ? Je parle de l’odeur, la prise de conscience de l’odeur et de mes besoins spécifiques face à la situation
  • Combien ? 1 fois
  • Où ? Dans mon bureau
  • Quand ? Demain matin
  • Pourquoi ? Parce que cela m’empêche d’être efficace quand je travaille avec cette personne
  • Pour quoi ? Pour pouvoir travailler ensemble dans la bonne humeur et la joie

Et hop ! C’est parti ….Et vous comment répondez-vous à toutes ces questions? Parler de l’odeur c’est intime non ? Pas facile à faire ? Et si nous travaillons ensemble sur l’assertivité ? savoir poser des limites… etc… Il y a du boulot, hein ?

Violence contre les femmes

Violence contre les femmes

stop-violences-femmesIl y a quelques temps… Je ne préfère pas préciser la date pour éviter les problèmes à la personne qui est l’héroïne malheureuse de mon aventure. Je prenais l’avion comme souvent pour le trajet vers le Maroc et retour. Cela se passait pendant le vol de retour, vers Paris CDG. Il y avait une femme qui est entrée dans l’avion avec des lunettes noires. Ce qui m’intriguait c’est que la lumière n’était pas très forte en cette période hivernale, le soir. Et je me suis dit des lunettes noires, le soir ? Tiens donc ?

Puis pendant le vol elle a ôté ses lunettes noires pour lire et j’ai vu son oeil, où plutôt le dessous de son oeil, cerné de noir, comme un boxeur qui aurait pris un coup. Or elle n’avait pas le gabarit d’un boxeur mais elle était assise auprès d’un homme qui lui avait des poings capables de marquer un si beau visage.

Tandis que le boxeur s’est endormi après le décollage, je me suis tourné vers elle et nos regards se sont croisés. je lui ai souri et j’ai aperçu dans ses yeux un gouffre profond de tristesse. Elle m’a répondu par un sourire. Un peu comme un réflexe des ses neurones miroirs tandis que j’étais tendu complètement vers les miens et, c’est là que j’ai senti passer une émotion qui ne m’appartenait pas j’ai senti comme une brisure en moi. Moi qui ne suis pas brisé et que rien jusqu’ici n’a pu briser. Mon empathie m’a transmis ce message de « jouet cassé ». J’ai montré mon oeil discrètement et j’ai regardé le boxeur qui dormait et elle a incliné la tête puis a replongé dans son livre pour que je rompe le contact.

C’est quand elle est allée aux toilettes tandis qu’elle passait près de moi que je lui ai tendu discrètement ma carte de visite en lui disant : « Ceci est ma carte de visite, si vous avez envie de parler à quelqu’un qui sait écouter, c’est mon métier, appelez-moi. Ne prenez pas cette carte si vous ne voulez pas et si vous la prenez sachez que cela ne vous engage à rien. »

Lorsque nous avons quitté l’avion je l’ai laissé passer et elle a incliné la tête en souriant, elle portait à nouveau ses lunettes. Puis je suis rentré chez moi et j’ai raconté cela à mon épouse, qui comme certains parmi vous le savent est responsable d’un service social. Et elle m’a dit : « Il y a un site à consulter sur ce sujet avec des vidéos très instructives pour des professionnels comme toi. C’est http://stop-violences-femmes.gouv.fr/« 

Je ne peux pas m’empêcher de mettre un lien vers la première video : MÉCANISMES DE LA VIOLENCE / REPÉRAGE / PRISE EN CHARGE : Professionnels, un rôle essentiel dans la lutte…par droitsdesfemmes

Et si tous les professionnels de l’accompagnement se donnaient la main sur ce sujet ? hein ? Aujourd’hui je suis triste, je me sens un peu impuissant… Et si elle ne m’appelait pas d’ici trois jours ? En France tous les 3 jours une femme meurt sous les coups de son conjoint…

Courir devant  ou courir avec ?

Courir devant ou courir avec ?

ratatouille-fromageJe suis de retour parmi vous comme promis pour mon billet hebdomadaire dont le sujet est aujourd’hui : « Comment se retrouver seul quand on est un visionnaire ?« 

Pendant une partie de ma vie, j’ai couru devant. En avance sur la mode, en avance sur les idées de liberté, en avance sur mon temps… Et j’étais seul dans mes activités. Pas facile de se développer quand on est un homme orchestre. On est à la fois au four et au moulin. Chef d’entreprise et petite main. A la technique et à la stratégie.

Chacun de nous, peut, un jour rencontrer ce phénomène. Je viens de quitter une communauté qui n’a de réalité que dans la tête de son concepteur, et celui-ci cours tout seul en avant. Je me suis reconnu quand j’étais plus jeune. J’ai agi comme cela, puis je suis tombé dans d’autres pièges. Il y a le piège du travail en « équipe informelle » et là, non plus, ce n’est pas facile, d’être le chef de projet d’un projet sur lequel l’équipe avance « quand elle veut ».

Entre la solitude du coureur de fond et l’immobilisme des équipes informelles, il y a un moyen terme à explorer. Pour cela il est nécessaire de travailler sur un objectif gagnant-gagnant, c’est à dire un objectif collectif où chaque acteurs va gagner chaque fois qu’un de l’équipe gagne et chaque acteur gagne quand un autre acteur gagne, et par conséquent le projet collectif aussi.

Il y a des contraintes pour que ce type de contrat fonctionne :

  • Les règles doivent être communes et connues de tous
  • Concertation doit précéder partenariat
  • Montrer sa bonne foi
  • Ne pas cacher d’informations sur le passé
  • Réputation affichée connues de tous
  • Identifier les valeurs communes
  • Un accord donne des suites ou non (Go ou no go)
  • Accord solidaire (pertes et réussites)
  • Caractériser les engagements de chacun et le mode de prise de décision.
  • Accepter que l’autre gagne plus si c’est la condition du gain de tous.

(Voir sur Wikipédia : Gagnant-Gagnant)

Et pour la suite, savoir gérer les déséquilibres temporaires et structurels, et garantir une gouvernance acceptée par toutes les parties prenantes.

Combien de personnes j’ai rencontrés, qui « courrait devant » en promettant monts et merveilles sur les résultats, en promettant des pourcentages sur les réussites, et qui capitalisaient (ou croient capitaliser)  sur les actions conjointes, en restant constamment aux commandes. (je l’ai fait moi-même à une époque, révolue aujourd’hui…). Et cela provoque incompréhension, ressentiment, et colère puis inévitablement solitude … C’est une course à l’échalote !

Création une activité prometteuse où sont lancés des partenariats sans avenir, jusqu’au jour où tout s’écroule et le créateur lance autre chose ….

Avez-vous lu « qui a piqué mon formage » de Johnson Spencer. Dans cette petite fable il y a deux souris (Flair et Flèche)  et deux « minigus » (Balluchon et Polochon) dans un labyrinthe qui courent après du fromage. Et bien si vous voulez suivre, ou précéder, le changement, ce qui est préférable à notre époque, de grands changements.

  • Flair est une souris qui détecte la piste du fromage facilement
  • Flèche est un souris qui fonce où lui dit d’aller Flair
  • Polochon est un minigus qui pense que le fromage est un dû il y ne veut pas bouger parce que c’est SON fromage
  • Balluchon est un minigus qui pense que le fromage et le fromage de tout le monde et qu’il faut aller où il se trouve (mais pas facile de faire faire ça …)

Il vaut mieux lorsque l’on est de Type « Flair » d’avoir avec soi des « Flèches » sou peine d’être très fatigué… Par contre « Balluchon » construit sa théorie et en fait profiter les autres même si ceux-ci (« Polochon ») ne veulent pas suivre…

Pendant longtemps j’ai été « Flèche » et je courrais pour les autres. Puis je me suis comporté en « Flair » avec une idée à la seconde… Mais les « Flèche » en profitaient, et moi, pas forcement. Je n’ai jamais été un « Polochon », et ne suis pas resté sur place à me plaindre, par contre, je m’aperçois que ça a du bon d’être un « Balluchon ». Maintenant je sais comment rester près du fromage, alors qu’avant je voulais être près de MON fromage.

Alors vous aussi vous avez des idées innovantes et vous courez devant ? Vous vous sentez seul ?

Et si vous vous essayiez au « Gagnant-Gagnant » ?

Il vaut mieux une petite part d’un fromage qu’une grosse part de rien