Passer à l’action et la confiance en soi

Passer à l’action et la confiance en soi

Beaucoup, vous avez dit beaucoup ? OUI ! Je le dis… BEAUCOUP de personnes qui viennent me voir parce qu’elle procrastinent et n’arrivent pas à se mettre en action, me tiennent les propos suivants.
Extrait de dialogue.

  • (Client) Je n’arrive pas à passer à l’action.
  • (Moi) Et comment ça se passe ? Pouvez-vous me donner un exemple ?
  • (Client) Voilà je veux faire XXXX (une action) et je n’y arrive pas… C’est parce que je n’ai pas confiance en moi !
  • (Moi) Cette action est difficile à poser ?
  • (Client) Non pas vraiment, mais je ressens des émotions tellement désagréables, que je n’y arrive pas.
  • (Moi) Et vous ressentez quoi exactement ?
  • (Client) Je ne sais pas, mais je n’ai pas confiance en moi. Ça c’est sûr…
  • (Moi) Alors que se passerait-il si vous posiez cette action ?
  • (Client) ?? (silence) Je ne sais pas !
  • (Moi) C’est important pour vous de le faire ?
  • (Client) Oui, parce que cela changerait ma vie.
  • (Moi) Cela changerait quoi ?
  • (Client) Tout, mais de toute façon, je n’y arriverai que quand j’aurai confiance en moi…

Je vais arrêter ici cet échange assez éclairant sur la situation. La personne veut poser une action et ressent des émotions désagréables. Mais elle ne veut pas les ressentir. Elle se dit que si elle avait confiance en elle, elle ne ressentirait pas ces émotions désagréables.
Et si on parlait un peu de cette confiance en soi. C’est quoi ?

La confiance en soi est une émotion que l’on ressent face à une situation ou l’on ne met pas en cause ses capacités à faire. En fait, on imagine que l’on est capable de faire face à la situation, le doute est absent, et nous nous sentons dans le confort. Cela signifie que nous nous sentons capables d’aller au bout de notre action avec les ressources, les qualités et les points forts que nous avons. Le danger n’est pas complètement absent, mais nous nous sentons capables d’y faire face.

Que se passe-t-il si nous n’avons jamais affronté de situation de ce type ? Alors à ce moment, le doute peut apparaitre, plus ou moins facilement en fonction de notre capacité à savoir que nous sommes capables de nous adapter à la nouvelle situation. Plus nous avons affronté ce genre de situation, plus c’est facile pour nous d’imaginer une issue favorable.

Bien sûr, les situations nouvelles ne manquent pas dans notre vie quand nous sommes jeunes. Et chaque situation nouvelle ne met devant le même problème… Vais-je savoir passer au-dessus des problèmes nouveaux. Et la réponse est … « Je ne sais pas ! » et « pourquoi pas ? » ou alors… En fonction de nos schémas de fonctionnement, il peut y avoir un stress, très grand… Et une réponse de type…. « Pas possible » ou « trop risqué » peut apparaitre, si nous avons un schéma de type « L’échec est interdit ! » ou « Je confonds la faute et l’erreur »

Nous pouvons nous apercevoir que beaucoup de facteurs entrent en ligne de compte, et un des facteurs les plus importants est notre capacité à accepter de « se planter » et notre expérience des situations nouvelles où nous avons tenté une action avec une issue potentiellement positive. Et sinon nous avons corrigé nos actions en posant de nouvelles actions qui finalement vont aller vers une réussite.

Il est clair qu’un des principes à prendre en compte est : « Accepter mes échecs pour ce qu’ils sont : un apprentissage de ce qui ne marche pas ! »
En tenant compte du principe suivant : « je refais la même chose il y a de grandes chances que le résultat soit le même ! »
Et là apparait le principe Schadok suivant :
shadok2

 Où va-t-on avec ces raisonnements ?

Si je tiens compte des facteurs indiqués ci-dessus :

  • Plus je pose d’actions, plus je vais avoir d’expériences
  • Si je change d’actions en fonction de mes échecs, je vais aller vers un plus grand pourcentage de réussite
  • Plus je vais avoir de réussites, plus je vais avoir la certitude que je suis capable de m’adapter
  • Plus je vais donc avoir confiance en moi !

CQFD ! (Ce qu’il fallait démontrer !)

Dans l’échange initial entre mon client et moi… On peut constater que le client met la charrue avant les boeufs !

Ce n’est pas parce qu’il n’a pas confiance en lui qu’il ne pose pas d’action… mais parce qu’il ne pose pas d’action qu’il n’a pas confiance en lui. Dommage hein ?

Les émotions que je ressens dépendent aussi des actions que je pose, et des situations dans lesquelles je me trouve. Si je reste dans le confort, je ne ressens pas d’émotions désagréables, à priori, mais je ne fais pas d’action qui pourraient changer ma vie, et donc je m’incapacite à changer ! Or changer sa vie, c’est vivre, tout simplement. Parce que la vie est le changement. Donc, je m’interdis de vivre pleinement ma vie. Et je m’en veux quand je m’en aperçois, car je me trahis indirectement… Et comment voulez-vous avoir confiance en quelqu’un qui vous trahit en vous empêchant de vivre ?

Donc en refusant de sortir de ma zone de confort…  Je vais vers la construction d’un manque de confiance en soi…

En conclusion :

C’est en acceptant de poser des actions qui me sortent de ma zone de confort que je peux augmenter ma confiance en moi…

Ça vous tente ? Un peu d’émotion désagréable pour une vie pleine de sens ?

Attention au piège de la confiance en soi… C’est une belle excuse pour ne rien faire… Bouuuhhh, cela m’enlève encore une excuse… Si ça continue, je vais être obligé d’être heureux. Ben mince alors, on ne peut plus être malheureux tranquille ?

Passer à l’action et la confiance en soi

Le questionnement systématique et la violence.

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Dans mes entretiens cliniques initiaux, j’ai depuis très longtemps mis en place un questionnement systématique.

Très souvent le patient arrive avec ses idées sur sa situation, et sur la méthode à utiliser d’après lui pour arriver au résultat qu’il vise, quand il vise un résultat précis. Souvent il arrive avec simplement l’idée qu’il veut aller mieux. Il ne veut plus être anxieux, ou ne plus avoir d’angoisses ou de phobies. Il veut éloigner le mal-être permanent qui l’habite.

Souvent, il arrive me voir parce qu’il a déjà un parcours chez le psychiatre qui lui conseille une psychothérapie, ou qu’il a perdu son psychologue habituel pour diverses raisons. Ou alors parce qu’il est en situation de rechute et qu’il a appris qu’avec les TCC, c’est mieux ! (Vu sur internet)

Souvent il est pris dans « Le piège du bonheur » (voir le livre de Russ Harris sur le sujet, Il y a même une version illustrée pour ceux qui n’aiment pas trop la lecture des livres techniques). Vous pouvez y retrouver aussi la problématique de ces patients dans un très bon livre de Benjamin Schoendorff , « Faire face à la souffrance« (ici pas de version illustrée, dommage 😉

Après avoir écouté, ce qu’il voulait dire en arrivant. Je lui pose la question suivante : « Vous permettez que je vous pose quelques questions, pour mieux vous connaitre et vous proposer la méthode la plus adaptée pour vous ? »

Il me répond immanquablement :  « bien sûr ! » Et c’est parti pour un questionnement sur les 10 domaines de vie autour desquels ils évoluent.

Comme décrit ci-dessous dans la boussole des valeurs.Boussole des valeurs de vie

Et je déroule mes questions :

  • Comment vivez-vous « dans ce domaine » ?
  • Quelle perception en avez-vous ?
  • Êtes-vous satisfait de ce que vous y vivez ?
  • Comment aimeriez-vous que cela se passe ?
  • Qu’est-ce qui est vraiment important pour vous dans ce domaine ?

Et rapidement j’ai une photographie des habitudes de la personne, de ses aspirations, des dysfonctionnements qu’il perçoit. De la manière de présenter ses problèmes…

Enfin cela me permet de pouvoir ensuite aborder très rapidement, ACT en quelques métaphores. Puis de vérifier avec lui, que nous sommes d’accord sur la méthode et les objectifs de la thérapie. Souvent, nous sommes d’accord, et il arrive que la personne ne veuille pas s’engager dans cette thérapie, qu’elle veuille immédiatement « une séance d’hypnose » ou une séance de régulation émotionnelle (TIPI) ou d’EMDR. Alors, nous partons sur cette séance, mais au moins, elle connait ACT et sait ce que ACT peut lui apporter…  Et très souvent à la deuxième séance, elle me demande et si on utilisait la méthode que vous m’avez présentée la dernière fois, vous pensez que ce serait mieux pour moi ?

Le questionnement systématique me permet de converger très vite vers les problèmes du patient, et de permettre à celui-ci de se tourner vers des actions engagées vers ses valeurs pour avoir une vie pleine de sens. Je perds donc rapidement mes patients, et j’en suis très heureux pour eux, et donc pour moi puisque mon objectif est de mettre mes patients dans l’autonomie.

Malgré tout, il m’est arrivé de suivre pendant plus longtemps que prévu certains patients, pour m’apercevoir qu’un problème sortait au court de la thérapie que mon questionnement systématique ne prenait pas en compte. Et que le patient me dise au cours d’une séance, « J’ai été violé par mon cousin… ou par mon père » ou « j’ai été victime violences conjugales » ou « J’ai été victime de harcèlement moral »… Alors que le problème était « ailleurs » et le patient n’avait jamais eu l’idée de m’en parler…

Mais alors, pourquoi ? Parce qu’il n’avait pas confiance ? NON ! D’ailleurs lorsque je leur ai demandé, « pourquoi ne pas en avoir parlé avant ? » La réponse a toujours été… Je ne pensais pas que cela ait réellement de l’importance, ou je l’avais « oublié ». Bien entendu à partir du moment où le loup est sorti du bois, il a été rapidement maitrisé… Et j’ai encore perdu mon patient, avec joie… Car sa vie s’est rapidement améliorée… Vive ACT et la pleine conscience ! LOL

Alors je me suis, dit et si je regardais vers mon questionnement systématique et que je posais la question suivante : « Avez-vous subi dans votre passé des violences physiques ou mentales ? » … Certains de mes collègues disent : « Est-ce que vous avez déjà vécu des violences dans votre vie ?« …

Puis je creuse un peu : » Êtes-vous ou avez-vous été suivis pour cela ? », « Est-ce toujours d’actualité ? », ou « C’est fini depuis quand ? », « Ça a duré combien temps ? »

Depuis je le fais systématiquement et … J’ai eu la surprise de voir apparaitre, souvent ces cas de violences, tant dans le couple, que dans la jeunesse. Que de temps gagné ! Que de souffrances évitées ! Comment une simple question à la première séance peut changer de manière très importante la suite de la thérapie, en permettant très rapidement au patient de commencer à s’ouvrir vers la vie, plutôt que de rester tourner vers l’évitement et la lutte.

J’en ai parlé à d’autres professionnels, des assistantes sociales, et des médecins, qui me disent que pour leur cas à eux, c’est exactement la même chose. Et si vous posiez ces questions sur la violence dans vos entretiens initiaux ?

Des difficultés à le faire ? Pour ma part, je n’ai jamais rencontré de difficulté pour poser ces questions. Je sais que certains de mes collègues ont reçu une réponse de type « Pourquoi voulez-vous savoir cela ? » et ils répondent : « Je pose la question à tout le monde parce que les violences peuvent avoir des conséquences sur la santé psychique, voire physique, et que c’est important de les dépister ».

J’ai ajouté cette question dans tous mes questionnements systématiques depuis 1 an maintenant. Et si tous les professionnels des métiers de l’accompagnement s’y mettaient ? La détection des violences conjugales serait déjà tellement facilitée ! Au-delà du fameux « point noir » ! On s’engage ? Questionnement systématique de détection des violences conjugales, moi, je m’engage !

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