Savoir comment ça marche, est-ce vraiment nécessaire ?

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 Je me suis aperçu que certains patients ont du mal à s’engager dans la thérapie que je leur propose. Surtout ceux qui viennent avec une idée bien arrêtée de la technique qu’ils veulent que j’utilise. Par exemple ils vont arriver en me demandant « vous pratiquez bien l’hypnose ? » ou bien « vous pratiquez bien TIPI ? »

Si je leur demande « pourquoi cela ? » Invariablement la réponse est parce que je veux pratiquer cette technique.  À quoi je leur demande « Et vous êtes sûrs que c’est cette technique qu’il faut pour vous ? »

C’est assez étonnant comme démarche, mais très courant !

Vous est-il arrivé d’aller chez votre garagiste en lui demandant, « j’aimerais que vous changiez les pneus de ma voiture avec des outils de marque X ? » Personnellement cela ne m’est jamais venu à l’idée et pourtant en thérapie, j’ai eu le même réflexe que mes patients.

Bien sûr, choisir entre une thérapie de 7 ans ou plus et une thérapie dite brève de quelques mois. Je comprends que le choix soit quelque chose de naturel et qu’entre un traitement qui fait mal et un traitement sans douleur, on peut se poser la question de ce que l’on préfère… Mais comme vous pouvez le remarquer ici il est question de conditions de pratique, et non pas de la technique elle-même.

Certains vont me dire, j’ai déjà essayé ceci ou cela et je n’en veux plus, car cela n’a pas fonctionné et je peux aussi le comprendre, cela me semble naturel. Là ou j’ai du mal à comprendre, c’est quand la personne vient avec un apriori tellement fort, sur telle ou telle technique qu’elle ne connait pas qu’elle ne veut même pas essayer autre chose que ce qu’elle a choisi, car « elle connait ! »  

Dernièrement, je racontais une personne professionnelle de la santé, le problème de douleur, que j’ai depuis plus de 20 ans suite à mon opération du colon. Il me disait la chose suivante, « Tu sais les techniques d’accompagnement à la douleur ont évoluées depuis 20 ans et tu pourrais essayer tel produit qui fonctionne mieux dans les cas comme le tien. »

À ce moment-là, j’ai vu arriver dans mon cerveau l’idée… « Merde alors! Ça ne va pas recommencer ! J’ai assez souffert comme cela et je n’ai pas envie de recommencer ! » Alors je lui ai dit… « Oui, mais aujourd’hui j’ai pratiquement réglé mon problème grâce à la méditation… » Or… Si j’ai réglé mon problème, cela ne m’empêche pas d’avoir mal… Et voyant mon cerveau à l’oeuvre, j’ai prêté l’oreille à son discours en disant finalement, « je vais prendre un rendez-vous avec un centre de traitement de la douleur, pourquoi pas ? » Car si je ne sais pas comment ça marche, ce que je sais, c’est que mon cerveau ne veut pas souffrir et ce que je sais aussi, c’est que la science évolue. D’où le décalage, entre ce que propose mon cerveau et la réalité !

Et pour mes patients c’est pareil ! Il y a décalage entre la réalité de la perception qu’ils ont de la thérapie et la réalité puisque la pratique avance aussi …

Alors j’ai pensé à la métaphore de la voiture. Est-ce que je comprends tout ce qui se passe dans la mécanique automobile ? NON ! Bien sûr, je ne suis pas un spécialiste… Je choisis ma voiture sur des critères très subjectifs en fonction de mes connaissances… Mais une fois que j’ai choisi ma voiture … Je l’utilise quand même !

Pour la thérapie si je faisais pareil ?

Si je choisis avec les articles et les conseils des journaux spécialisés un véhicule, puis je vérifie avec mes référents, la validité de mon choix, et ensuite je vais voir le vendeur qui va négocier avec moi en me présentant ses modèles… en me conseillant le meilleur choix d’après lui.

Ensuite j’utiliserai ma voiture alors que je ne sais pas comment fonctionne, la boite automatique, le système de stationnement automatique, le système ABS de mes roues, l’allumage électronique… Et bien d’autres choses que j’utilise dans ma vie de tous les jours… Comment fonctionne un micro-ondes ? Un four à chaleur tournante ? Une VMC ? Une oreillette Bluetooth ? Un smartphone ? Et pourtant je les utilise, non ?

Vous ne savez pas ce qu’est la théorie des cadres relationnelles, le conceptualisme fonctionne ? Comment fonctionne la méditation de pleine conscience ? Et pourtant ACT (Thérapie d’acceptation et d’engagement) a fait ses preuves (prouvé de manière expérimentale voir sur le site http://contextualscience.org)

Et si vous utilisiez la même méthode que pour le reste ? Mais il reste le piège des biais cognitifs. Par exemple, le  biais le l’excès de confiance, le biais de l’illusion du savoir… et bien d’autres… Ce que vous avez lu sur internet dans un ou deux articles, vous donne-t-il plus de compétence que celui qui a étudié le sujet pendant 5 à 10 ans ? Restez sur cette question… Posez-vous là ? Êtes-vous meilleur mécanicien que celui qui a pratiqué la mécanique en atelier depuis 20 ans, vous qui n’avez jamais pratiqué ?

Va savoir Charles ?

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La vie n’a pas de sens ?

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En 2014, le psychologue Jinhyung Kim, de l’université A & M du Texas a mis des volontaires devant un choix : « Voulez-vous une vie pleine de sens mais peu agréable ou une vie pleine de satisfaction, mais sans sens véritable ? ». Les participants ont choisi la vie plaisante sans réelle signification, uniquement pour des durées courtes d’une heure ou d’une journée. Pour les autres durées ils ont choisi, une vie difficile mais pleine de sens  !

Cela rejoint l’article que j’écrivais il ya quelques mois.

Mais la vie a-t-elle du sens ? C’est vraiment une question philosophique que je me pose là. Et tous ceux qui me connaissent savent bien que je n’ai pas vraiment l’âme d’un philosophe qui se prend au sérieux, ou alors c’est que j’ai oublié qui je suis. Pour une grande partie je pense que l’approche de Nietzsche de la vie, me plait bien. J’aime bien cette notion d' »amor fati » car pour moi ce qui est « est » par essence, je ne peux pas changer ce qui s’est passé mais je peux changer ma perception de ce passé, et c’est pour cela que je suis devenu un jour un coach, et un psychologue comportementaliste.

Et j’aime bien la vie que je mène aujourd’hui… Il y a des tempêtes, des grandes joies, dans lesquelles je me noie, des peines immenses  dans lesquelles je me vautre. Le problème est entièrement dans ma tête et dans mon corps ! C’est à dire à l’intérieur de moi !

Si ce qui est à l’extérieur « est », alors il n’y a rien à faire ? Si justement !

C’est parce que, j’accepte le monde extérieur tel qu’il est que je peux essayer de le changer. Bien sûr, cela demande de commencer par accepter ce qui est.

Et si finalement, la vie n’a aucun sens, alors est-ce que je peux commencer à lui en donner un ? Pourquoi pas ?

Mais comment savoir ce qui va donner du sens à ma vie ? Pas facile ! Et si je me trompais en choisissant une action engagée à poser ? Comment faire la différence entre ce qui est une valeur pour moi et ce qui est une illusion qui m’éloigne de ce qui est important, pour moi ?

Depuis quelques années, je réfléchis sur les valeurs, les miennes et bien sûr celles de mes clients. (voir mes articles précédents sur le sujet). Combien de de ceux-ci restent bloqués par cette question existentielle. Quelles sont mes valeurs, qu’est-ce qui est important ? Comment ne pas se tromper ? Et ils restent comme cela, au bord de la route de vie, sans poser d’action du tout. Ou bien ils abandonnent les études commencées avant de savoir vraiment si au bout du chemin commencé il y a du sens ou pas. Ils papillonnent d’une aventure sans lendemain à une autre aventure sans jamais s’engager, réellement. Et au bout de quelques années, il viennent me voir, en constatant qu’ils ne bougent toujours pas et que cela ne leur convient pas. Et comme dans l’histoire du vieux chien, il ne bougent pas parce que leur situation bien que n’ayant aucun sens, ne leur fait pas assez mal, pour qu’ils bougent !

 Ce qu’il faut comprendre c’est que les valeurs, ne donnent réellement tout leur sens à notre vie que lorsque nous les vivons au quotidien. Et … Cela demande de les tester ! Avec une chance de s’apercevoir que l’on s’est trompé. Alors si vous voulez bien, réfléchissons un peu, c’est quoi la vie ? C’est quoi ce miracle de la vie ? Comment l’écrit Antionio Machado dans son poème « Caminante No hay Camino… » :

…/…
Toi qui marches, ce sont tes traces
qui font le chemin, rien d’autre ;
toi qui marches, il n’existe pas de chemin,
le chemin se fait en marchant.
…/… 
(Voir le poème complet)

Mais ce poème ne s’adresse qu’à ceux qui marchent ! ceux qui posent des actes, et qui prennent le risque de se tromper, pour éclaircir, leurs valeurs… Le risque c’est la vie, c’est ce que j’écrivais il y a bien longtemps (2012), et que je crois être toujours vrai… 

Alors ? Vous avez peur de vous tromper ? Donc vous vous interdisez de vivre … Et si vous donniez un sens à votre vie? 

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