Un bébé qui pleure dans l’avion (ACT)

Un bébé qui pleure dans l’avion (ACT)

hdrLa métaphore que je vais vous présenter aujourd’hui correspond réellement à ma réalité du jour, où ma capacité d’acceptation est mise à l’épreuve durement. En effet, quand quelqu’un de proche est dans la souffrance, il est souvent difficile d’accepter de le voir souffrir sans pouvoir réellement l’aider. Et sans rentrer dans les détails de ma vie, c’est exactement ce qu’il m’arrive aujourd’hui. Cette métaphore s’appelle : « Un bébé qui pleure dans l’avion » *

Imaginez-vous assis dans un avion pour un vol de nuit. Vous avez toute la rangée à vous et pensez : « Parfait! Je peux m’étendre et vraiment dormir ». Puis, juste avant la fermeture de la porte de la cabine, un jeune couple monte à bord avec un bébé qui hurle. Vous pensez à vous-même: « Les pauvres gens qui doivent s’asseoir à côté d’eux toute la nuit! » Juste au moment où cette pensée traverse votre esprit, vous voyez le couple se déplacer vers vous. Ils sont assis à côté de vous ! Vous rangez vos affaires pour leur faire de la place, mais dans votre tête vous dites, Noooooonnnnn!

Ils sourient et vous remercient de les avoir aidés à s’asseoir, et pendant ce temps, leur bébé hurle. Ils essaient tout pour l’apaiser. Ils essaient le biberon, et ça le fait hurler plus fort. Ils essayent la tétine, mais rien n’y fait. Ils essayent son jouet préféré, mais il ne cesse de crier.

Quelles sont vos options ici ?

Vous pouvez passer les huit heures suivantes à leur donner des regards sévères, à vous moquer de leurs tentatives ratées pour calmer leur enfant et à leur faire savoir que ce genre de comportement est absolument inacceptable dans un avion.

Alternativement, vous pouvez vous joindre à eux pour essayer de calmer l’enfant : jouer au coucou, donner à l’enfant votre téléphone pour jouer avec – faire n’importe quoi pour faire taire le gamin.

Ou, vous pourriez choisir de faire ce que vous feriez autrement sur un vol de nuit tout en écoutant les sons de cet enfant et en reconnaissant que l’enfant fait exactement ce que les enfants font – ne voulant pas ou n’appréciant pas les sons de l’enfant, mais aussi ne pas avoir besoin des sons pour ne pas être là. Et pendant tout ce temps, vous remarquerez aussi que peu importe combien de temps l’enfant pleure, il ne pleurera pas pour toujours, et que vouloir qu’il se calme ne sera jamais ce qui est nécessaire pour le calmer.

C’est exactement ce que je fais aujourd’hui… je continue à écrire pour vous et pour moi… Les choses ne resteront pas éternellement comme elles sont, et même si c’était le cas… Je continue de vivre une vie connectée à mes valeurs. N’est-ce pas le plus important ?

Faire ce qui est important et qui dépend de nous ?

Bonne journée !


* Librement traduite de la métaphore : Crying Baby on the Plane (Caitlin Ferriter, 2013) – Stoddard, Jill A.. The Big Book of ACT Metaphors: A Practitioner’s Guide to Experiential Exercises and Metaphors in Acceptance and Commitment Therapy (Emplacements du Kindle 1089-1090). New Harbinger Publications.

Un bébé qui pleure dans l’avion (ACT)

La vie à la plage : se débattre dans le courant (ACT)

courant-baine-surf-prevention-652x489Aujourd’hui je vais continuer à vous présenter  quelques métaphores que j’utilise. Celle que j’ai choisie aujourd’hui ne s’adapte pas vraiment au temps qu’il fait aujourd’hui. Ce dimanche matin, je ne vais pas aller marcher dans le Vexin, car le temps est gris, et  qu’il pleut sur le Val d’Oise. Aujourd’hui je me laisse câliner par la douce chaleur diffusée par la chaudière à condensation qui ronronne dans la cave. Donc la métaphore d’aujourd’hui est « La vie à la plage : se débattre dans le courant » librement traduite d’une métaphore de Ken Davis *

Parfois, la vie est comme « nager à la plage ». Nous nous lançons tête baissée dans la vie en espérant avoir un moment amusant, relaxant et rafraîchissant.

Les gens nous recommandent :

  • « N’oubliez pas la crème solaire. »
  • « Nagez entre les drapeaux. »
  • « Restez hors de l’eau pendant trente minutes après avoir mangé. »
  • « Attention aux requins. »

Alors nous sautons dans l’eau, nous éclaboussons et nous voulons passer un bon moment.

Et là, selon votre personnalité et votre expérience, vous pourriez être insouciant, ou vous pourriez être anxieusement à l’affût des requins ou surveiller continuellement les drapeaux pour vous assurer que vous êtes au bon endroit. Ou peut-être que vous êtes le genre de personne qui aime faire fi des règles, alors vous nagez n’importe où.

courant-de-baineSoudain, votre plaisir est interrompu par une sensation désagréable. Vous êtes assommé. Vous ne pouvez plus toucher le fond sableux et vous remarquez que vous vous dirigez vers la mer. Vous paniquez et vous vous fixez immédiatement l’objectif de retourner à terre et de prendre des mesures pour atteindre cet objectif. Vous le faites sans réfléchir. C’est instinctif. Vous commencez à nager furieusement contre le courant de la baïne. Parfois vous semblez faire un peu de progrès, mais ensuite vous commencez à vous lasser et remarquez que vous perdez la bataille. Il vous vient les idées, « nage plus fort », ‘Mets-toi sur le dos et donne un coup de pied avec tes jambes ».  Mais vous n’obtenez rien  et vous êtes épuisé.

Vous avez oublié pourquoi vous êtes venu à la plage en premier lieu. Vous commencez à vous dire: « Si seulement j’étais resté entre les drapeaux » ou « Il aurait fallu que je m’entraine plus avant de prendre des risques à la plage ».  Mais rien de tout cela ne vous apporte de solution concrète. Comment vous en êtes arrivé là ne vous apporte aucune aide. Vous nagez encore furieusement et n’allez nulle part.

Peut-être que finalement vous vous décidez à demander de l’aide, et me voici. Je suis un sauveteur qui vient à la rescousse. Donc, vous remarquez que je suis avec un surf pour vous sauver, et je vous suggère de saisir la planche. Afin de pouvoir attraper la planche, vous devez arrêter de vous débattre. Même si chaque fibre de votre corps crie en signe de protestation, vous devez arrêter de vous débattre et essayer quelque chose de différent par exemple attraper le surf.

Maintenant, sachez que je suis un sauveteur contrariant. Mon travail n’est pas de vous sauver, mais de vous apprendre à vous sauver.

En réalité vous pouvez être aspiré dans un courant de baïne à tout moment sur la plage de la vie. Cette baïne peut être la dépression, le chagrin, l’anxiété ou l’envie de manger, de jouer, de dépenser ou de consommer de la drogue. Je veux que vous appreniez comment éviter les ennuis quand vous êtes coincé dans une baïne de la vie. Je vous invite donc à nager lentement à travers la baïne dans le sens du courant pour en sortir. Et je vous propose de nager à vos côtés.

Comme vous le faites actuellement, vous sentirez la fatigue, et la force de la baïne. Vous serez transporté à la mer plus loin que vous ne le souhaiteriez, et votre esprit imaginera toutes sortes de scénarios effrayants à vos yeux. C’est ce que font les esprits. Le mien le fait aussi. Je ne vous demande pas d’être effrayé, anxieux ou déprimé. Je vous demande de parcourir la baïne, tout en éprouvant ces pensées et sensations.

Finalement, vous arriverez à un endroit où l’eau est plus calme et vous serez en mesure  de continuer à profiter de votre journée à la plage après y être retourné sain et sauf.  Ce que je vous invite à faire est d’arrêter de lutter n’importe comment et de permettre aux sensations désagréables et aux pensées effrayantes d’être envoyé loin en mer d’être présentes.

Je vous invite à vous reconnecter avec ce qui compte vraiment : « s’amuser à la plage pour toutes les raisons qui vous plaisent ». Je vous invite à prendre des mesures efficaces, et cela dépend de la situation. Si vous êtes en sécurité, cela signifie profiter du soleil et du surf pour vos propres raisons. Si vous êtes coincé par un problème de votre vie, cela signifie arrêter le combat et prendre de petits coups dans la direction de l’endroit où vous voulez être, quelles que soient les expériences qui se présentent.

Vous souvenez-vous de tous les bons conseils que les gens vous ont donnés sur la façon d’être en sécurité lorsqu’ils vont à la plage? Remarquez que certains de ces conseils sont bons, comme «Ne sors pas de ton niveau si tu ne peux pas nager». Certains sont plutôt justes, mais parfois faux, comme «Il est sûr de nager entre les drapeaux». Mythe urbain, comme « La graisse à taire appliquée sur votre peau vous protège des coups de soleil. »

Je parie que vous n’avez demandé aucun de ces conseils. C’est juste arrivé par hasard. Les gens avec de bonnes et peut-être de mauvaises intentions ont rempli votre tête avec un mélange de bons, de mauvais et de conseils neutres. Alors, comment pouvez-vous dire si un conseil donné qui vous vient à l’esprit lorsque vous planifiez aller à la plage mérite d’être suivi ?

Notez qu’il y a beaucoup de monde sur la plage par une journée chaude. Vous pouvez imaginer qu’ils ne sont pas tous là pour la même raison. Quelles sont les raisons d’aller à la plage? Certaines personnes vont s’amuser avec des amis. Certains vont se détendre et lire. Certains vont bronzer. Certains vont se rafraîchir dans l’eau.

Par exemple, vous pouvez aller à la plage (exemple : mes loisirs) pour vous rafraîchir (se calmer). Que faire si la route de la plage est fermée ? Il y a d’autres façons de « se calmer ». Par exemple, vous pouvez vous asseoir dans une pièce climatisée, prendre une douche froide ou boire un café glacé.

Notez que dans ce scénario, vous pouvez prendre des précautions pour améliorer votre sécurité. Vous pouvez apprendre des compétences comme comment suivre un cours de survie, ou vous pouvez simplement vous entraîner pour être un meilleur nageur. Vous pouvez vous mettre un écran solaire pour éviter d’avoir un coup de soleil. Vous pouvez rester à l’écart des vagues les jours difficiles. Vous pouvez éviter les plages où il y a des méduses piquantes. Vous pouvez nager entre les drapeaux. Ceux-ci peuvent servir à améliorer votre plaisir d’être à la plage.

Mais qu’est-ce qui vous arrive si vous devenez obsédé par la sécurité ? Et si au lieu de flotter ou d’attraper des vagues, vous gardez vos yeux collés sur les drapeaux ? Ou bien, que se passe-t-il si, dès que vos orteils touchent l’eau, vous vous sentez obligé de retourner chercher dans votre sac de la crème solaire ? Que faire si vous abandonnez d’à aller à la plage parce que c’est trop dangereux ?

Notez également que malgré tous vos efforts, vous pouvez toujours être coincé dans un accident de baïne. Les vents, le courant et la marée peuvent changer, et une zone qui a été sûre devient une baïne. Ou peut-être qu’une énorme vague inattendue vient vous assommer et vous faire tomber. Peu importe la faute ou la façon dont cela s’est passé. Une fois que vous êtes dans une baïne, vous avez un choix important à faire : continuer à lutter et finalement succomber à l’épuisement et se noyer, ou arrêter de se battre et commencer à prendre des mesures efficaces en nageant vers vos valeurs.

Alors cette histoire vous éclaire sur ce que sont les valeurs ? Que voulez-vous ? Que je vous aide à sortir de votre baïne et peut-être recommencer un jour où personne ne sera là ? Ou apprendre à négocier avec le courant et les accidents de la vie en gardant votre attention focalisée sur ce qui donne réellement du sens à votre vie et aller vers l’autonomie ?

Vous voulez découvrir ACT et la pleine conscience ? Et si vous veniez à nos rencontres de découverte du mercredi à Saint-Leu-La-Forêt ?


* Métaphore librement traduite d’après la métaphore  de Ken David, 2013 tiré du livre Stoddard, Jill A.. The Big Book of ACT Metaphors: A Practitioner’s Guide to Experiential Exercises and Metaphors in Acceptance and Commitment Therapy.

Un bébé qui pleure dans l’avion (ACT)

La métaphore du ballon. (ACT)

swimming-pool-394298_1920Aujourd’hui j’aimerais vous présenter une métaphore, librement adaptée d’une métaphore de Matthew Jepsen* que j’utilise, et qui peut-être vous sera utile, qui sait ?

Vous est-il arrivé de lutter pour ne pas penser à une chose qui revient en boucle dans vos pensées ? Vous savez l’envie de se venger, ou de refaire une chose que vous avez ratée. Une pensée du type « Ah, si j’avais su, si j’avais agi différemment, et ça m’aurait évité bien des déboires. Que je suis bête ! Quel idiot je fais ? »  ou bien alors « Quand j’ai présenté mon petit ami à ma copine, j’aurai du me casser une jambe. La salope ! Et maintenant si ils pouvaient se disputer, jusqu’à la rupture ! Bien sûr sil il revenait je le jetterais comme une vielle chaussette. C’est tout ce qu’il mérite. Ah comme ils doivent se moquer de moi, maintenant… »

Ce type de pensée où vous vous dites… « Je veux penser à du positif, parce que je le mérite ! » Mais cela ne dure pas ! Et les pensées originales, celles qui vous dérangent, reviennent, encore et encore… Et cela vous fatigue… Et en plus,  vous n’arrivez plus à vous endormir…

Alors pour vous je vais vous raconter une histoire…

Imaginez que vous êtes dans une piscine… L’eau de la piscine est vierge de toute vague… C’est le calme plat et vous êtes heureux de voir cette eau si calme… Enfin le calme…

Tout à coup un ballon surgi de nulle part arrive dans l’eau et « Ploc »… Voilà des vagues qui rident l’eau… Fini le calme… Et le ballon reste là, juste à côté de vous…

Vous essayez de le renvoyer à l’extérieur, mais… Il y a toujours un « P… de salopard » qui vous le renvoie dans l’eau… Alors vous essayez de le repousser, c’est fatigant ! Et, finalement, vous n’y arrivez pas, car il revient toujours… Si vous essayez de vous éloigner… Il vous suit !

Il vous reste la possibilité, de le pousser SOUS L’EAU avec votre main !!! Et hop c’est gagné… Vous ne voyez plus le ballon, mais… Vous avez perdu l’usage d’une main, et ça, ce n’est pas très malin ! De plus au bout d’un moment à forcer pour garder le ballon sous l’eau vous le relâchez et … Il bondit très haut et retombe dans l’eau en vous éclaboussant ! Ce qui est, somme toute, un résultat non fonctionnel !

Alors que faire ?

Essayez de le laisser en surface sans vous en occuper… Que va-t-il se passer ?

Le ballon va « vivre sa vie de ballon ». C’est à dire, progressivement, se trouver entrainé par le courant de la piscine vers les skimmers (en français écumeur). Vous savez ? Ce qui sert à filtrer l’eau… Et là, le ballon va rester sur place… Près du bord, sans vous embêter, car, il sera, loin de vous…

Alors ? Comment faire cela ? Il suffit de ne rien faire… Arrêter la lutte… Accepter l’instant présent !

Accepter « CE QUI EST ».

Jon Kabat-Zin (MBSR) définit la méditation de pleine conscience comme : Une observation dans l’instant présent, orientée vers un « objet » de manière focalisée et intentionnelle, sans jugement.

Dans ACT nous utilisons cette pleine conscience, sous forme d’exercices, pour travailler ensemble. Cela permet de comprendre la notion d’acceptation. Pas facile d’accepter « ce qui est » … N’est-ce pas ?

Je vous invite à venir découvrir cela lors de la prochaine formation que j’anime.


* Métaphore librement traduite d’après la métaphore Ball in a Pool (Matthew Jepsen, 2012) – Stoddard, Jill A.. The Big Book of ACT Metaphors: A Practitioner’s Guide to Experiential Exercises and Metaphors in Acceptance and Commitment Therapy.